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Mondial-2014 - Angleterre: Gerrard recule, la retraite aussi

29/05/2014 07:43 EDT | Actualisé 29/07/2014 05:12 EDT

Beckham, Terry et maintenant Cole partis, Steven Gerrard reste l'un des derniers grognards de l'Angleterre avant le Mondial-2014 et, en continuant de reculer sur le terrain, il peut encore tenir quelques années malgré l'isolement.

Les autres passent, mais le capitaine de 34 ans reste, même s'il est aussi contraint de s'adapter pour cela.

Le barreur emblématique de Liverpool aux 109 sélections disputera donc sa 3e Coupe du monde après une saison pleine chez les Reds, l'une de ses meilleures en tout cas.

Affuté, comme l'ont montré des photos de lui dans la presse britannique lors de ses vacances à Dubaï, il a en effet disputé 46 matches cette année, dont sept sur les huit de sa sélection.

En championnat, il a inscrit 13 buts dont dix penalties, son 2e meilleur total sur une saison, et donné 13 passes décisives. Avec les Trois Lions, il a marqué également deux fois en éliminatoires depuis septembre.

Auteur de trois buts en neuf matches de Coupe du monde, il part donc au Brésil "en très grande forme", selon son entraîneur Brendan Rodgers.

A condition qu'il ait aussi digéré l'échec collectif de Liverpool dans sa quête de premier titre depuis 1990, et surtout le sien, personnel. Une bête glissade à trois journées de la fin contre Chelsea a en effet peut-être coûté le championnat aux Reds de son coeur.

Gerrard a pourtant brillé cette saison... alors qu'il découvrait un nouveau poste. Milieu offensif axial jusque-là, il a en effet été reconverti en milieu défensif.

"Je lui en ai parlé dès que je suis arrivé en 2012, a déclaré récemment Rodgers. A mi-saison, quand les autres autour de lui sont montés en puissance, on l'a fait redescendre un peu et il a été incroyable. Steven est un joueur très intelligent. Il a joué presque comme attaquant toute sa carrière mais il s'est plié parfaitement dans ce rôle. D'une certaine façon, il mène toujours le jeu et une grande partie de nos attaques viennent toujours de lui. Il passe la balle comme personne".

Dans ce poste de N.6, il peut en effet se préserver et son jeu long fait merveille.

"J'occupe maintenant une position différente de celle dans laquelle j'ai joué pendant 12 ou 15 ans, déclarait-il début janvier. Avant, on me demandait de couvrir la zone entre les deux surfaces. Maintenant, il s'agit plus de contrôler le jeu, l'adversaire et organiser mes coéquipiers devant. Je sais que je peux y arriver parce que je peux évoluer à plusieurs postes".

En Angleterre aussi, avec l'émergence des Wilshere, Oxlade-Chamberlain, Lallana ou Barkley, son rôle et son positionnement sont amenés à évoluer.

"Si on avait décidé de le mettre à 16 ans à la récupération, il aurait été le meilleur N.6 du pays, assure en effet l'ex-Red John Barnes. Ce qu'il a fait ne me surprend pas parce que cela devient un positionnement encore plus naturel en vieillissant. C'est un poste dans lequel il peut briller au niveau mondial".

Et la mutation n'est peut-être même pas complètement achevée puisque, à l'instar de Beckenbauer, Matthäus ou Blanc, certains le voient se stabiliser en défense centrale, une fonction qu'il a déjà occupée ponctuellement en cours de rencontre après avoir joué à droite lors de ses tous premiers matches pro.

"Je suis certain qu'il va y finir sa carrière", assure encore Rodgers.

Comme un clin d'oeil, le N.4 habituellement dévolu aux stoppeurs est ainsi son numéro fétiche sur son maillot depuis toujours.

"Dans le football moderne, il n'y a plus besoin de deux stoppeurs classiques et l'Angleterre n'a pas un seul défenseur central qui soit aussi un footballeur, développe ainsi l'ex-Marseillais Tony Cascarino. Quelqu'un qui puisse faire du jeu, commencer l'action et donner du rythme. Gerrard pourrait tenir ce rôle sans problème".

Cela permettrait alors peut-être de le revoir en 2018 en Russie à... 38 ans.

cd/dac

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