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L'ancien maréchal El-Sissi remporte la présidentielle égyptienne à 93 %

29/05/2014 09:36 EDT | Actualisé 29/07/2014 05:12 EDT

CAIRE, Égypte - L'ancien chef de l'armée égyptienne, Abdel-Fattah el-Sissi, a facilement remporté l'élection présidentielle avec plus de 93 pour cent des voix.

L'équipe de M. El-Sissi a indiqué jeudi qu'il avait reçu 23,38 millions de voix, contre à peine 735 000 pour le candidat de gauche Hamdeen Sabahi.

Un peu plus d'un million de bulletins ont été invalidés.

La victoire du maréchal à la retraite n'a jamais fait de doute, mais le candidat de 59 ans espérait un taux de participation important pour démontrer que sa décision de chasser du pouvoir le président islamiste Mohammed Morsi, l'an dernier, reflétait la volonté du peuple.

La campagne de M. El-Sissi a annoncé un taux de participation de 46 pour cent à travers le pays, même après que le scrutin eut été prolongé d'une troisième journée mercredi, soit nettement moins que le taux de participation de 52 pour cent constaté en juin 2012, lors du vote qui avait porté M. Morsi au pouvoir.

M. Morsi avait toutefois récolté 13 millions de votes à ce moment, soit dix millions de moins que M. El-Sissi. Mais lors d'une apparition à la télévision la semaine dernière, l'ex-maréchal avait souhaité que 40 millions des 54 millions d'électeurs admissibles votent pour lui.

Ses partisans sont descendus dans les rues du Caire pour célébrer sa victoire, mercredi, après la fermeture des bureaux de scrutin. Plusieurs milliers de personnes se sont ainsi rassemblées sur la place Tahir, lieu de naissance du soulèvement populaire ayant mené au renversement du régime d'Hosni Moubarak.

Des célébrations similaires ont été organisées ailleurs au pays.

Le seul adversaire de M. El-Sissi, Hamdeen Sabahi, a concédé la victoire de son rival, jeudi. Il a toutefois estimé que le taux de participation officiel était invraisemblable. «C'est une insulte à l'intelligence des Égyptiens», a-t-il dit.

Il a évoqué des fraudes importantes, tout en admettant que cela n'a rien changé à l'issue du scrutin. Sa campagne avait retiré ses représentants des bureaux de scrutin, mercredi, pour dénoncer l'intimidation présumée et les arrestations de ses employés, dont un qui a été renvoyé devant un tribunal militaire.

«Je respecte le choix du peuple et j'admets ma défaite dans cette élection, a-t-il déclaré. Nous avons perdu une élection mais nous avons gagné notre respect de nous-mêmes... J'espère que nous avons remporté de la crédibilité auprès des masses intelligentes et éveillées.»

Le chef de la mission d'observation de l'Union européenne, Mario David, a estimé que l'élection s'était déroulée conformément à la loi. Il n'a relevé que quelques infractions mineures.

Un membre de la mission européenne, Robert Goebbels, a toutefois prévenu qu'il ne faudrait pas croire que le taux de participation relativement élevé est synonyme de démocratie. Le boycottage, a-t-il dit, est une forme d'expression et personne ne peut parler au nom des électeurs «silencieux».

«Une forte participation n'est pas nécessairement la preuve d'élections démocratiques», a-t-il dit.

Il a rappelé que des régimes totalitaires comme celui de la Corée du Nord, où il n'y a qu'un seul candidat, se targuent d'un taux de participation pouvant atteindre 99 pour cent.

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