NOUVELLES

Des veuves de soldats manifestent au Liberia pour réclamer un dédommagement

29/05/2014 04:08 EDT | Actualisé 29/07/2014 05:12 EDT

MONROVIA, Liberia - Des dizaines de femmes de soldats tués durant la longue guerre civile au Liberia ont organisé une manifestation devant le parlement, jeudi, pour réclamer le versement des prestations de leur défunt mari.

Les manifestantes, qui se sont assises devant l'édifice où siègent la Chambre des représentants et le Sénat, représentent de 4000 à 5000 femmes qui souhaitent attirer l'attention du gouvernement sur leurs revendications.

Tewah Kesselly, une femme de 41 ans mère de huit enfants, a raconté en pleurant que son mari avait fait le serment de défendre son pays mais qu'il était mort durant la guerre, la laissant sans ressources. Elle réclame le versement des prestations de son époux pour pouvoir envoyer ses enfants à l'école.

Esther Gonpue, 52 ans, a affirmé que son mari, un policier militaire, avait été tué au début de 2003. Elle aurait espéré que le fait que le pays soit dirigé par une femme lauréate du prix Nobel de la paix, Ellen Johnson Sirleaf, puisse aider leur cause, mais elle se dit déçue que rien n'ait été fait jusqu'à maintenant.

Les femmes font pression sur le gouvernement libérien depuis 2004, un an après la fin de la guerre civile.

Le rassemblement de jeudi avait attiré l'attention des médias libériens parce que les femmes avaient annoncé qu'elles manifesteraient nues, mais elles ont changé d'avis après les réactions négatives de la population.

Plusieurs soldats tués durant la guerre au Liberia avaient été recrutés à la hâte par l'ancien président Samuel Doe pour renforcer les capacités de l'armée face à l'avancée rapide du Front patriotique national du Liberia de Charles Taylor, qui est ensuite devenu président en 1997.

Charles Taylor a quitté le pouvoir en 2003, avant d'être arrêté par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone et transféré à La Haye en 2006. Il purge présentement une peine de 50 ans de prison au Royaume-Uni pour avoir commandité les atrocités commises par les rebelles en Sierra Leone en échange de «diamants du sang».

PLUS:pc