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Centrafrique: barricades et regain de tension à Bangui après l'attaque d'une église

29/05/2014 04:24 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

Des barricades ont été érigées jeudi dans les rues désertes de Bangui par des jeunes en colère contre les musulmans, au lendemain de l'attaque d'une église du centre de la capitale centrafricaine dans laquelle une quinzaine de personnes ont péri.

Des coups de feu sporadiques ont été entendus dans le centre-ville de Bangui, forçant les rares boutiques ouvertes à fermer rideau, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des blocs de béton, des pneus en feu et des morceaux de bois ont été rassemblés par des jeunes au milieu de la route dans plusieurs quartiers du centre de Bangui: à Bea-Rex, au rond-point des Nations unies et à Benz-vi. D'autres barricades ont été vues à Fouh, fief des milices chrétiennes anti-balaka.

A Bea-rex, deux blindés de la force de l'Union africaine en Centrafrique (Misca) étaient garés près de la barricade et des troupes burundaises patrouillaient à pied dans le quartier dans la matinée.

C'est la première fois depuis plus d'un mois que des barricades sont érigées dans les rues de Bangui. Les jeunes qui les ont montées font valoir leur colère après l'attaque de l'église Notre-Dame de Fatima mercredi soir, au cours de laquelle une quinzaine de personnes, dont un prêtre, ont été tuées.

"Nous sommes là depuis 04H00 du matin pour que les Burundais quittent le quartier, nous sommes mécontents", a déclaré à l'AFP Henri-Morel Feiganazoui, un habitant de 28 ans qui reproche aux soldats africains de la Misca d'avoir protégé les assaillants de l'église Fatima. L'information n'a pu être confirmée par aucune source indépendante.

Une quinzaine de jeunes manifestaient dans le quartier PK-3 en brandissant des affichettes anti-Burundais. "Contingent burundais OUT, on n'en veut plus", était-il écrit sur l'une d'entre elle.

En dehors des rassemblements de jeunes, les rues étaient désertes jeudi matin à Bangui. Aucun bus ne circulait et les magasins étaient fermés jeudi, plus que de coutume en ce jour férié.

Dans la capitale, où les violences interconfessionnelles qui déchirent le pays ont contraint de nombreux musulmans à fuir, "un regain de tension très net" se fait sentir depuis quelques jours, notamment aux abords du quartier musulman PK-5, a affirmé une source proche de l'armée française à l'AFP.

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