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Washington augmentera l'aide à l'opposition syrienne

28/05/2014 04:40 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

WASHINGTON - Confirmant les rumeurs qui circulaient la veille, le président américain Barack Obama a annoncé mercredi qu'il allait augmenter l'aide offerte à l'opposition syrienne, possiblement en formation et en équipement pour les rebelles modérés qui combattent le régime de Bachar el-Assad.

Lors d'un discours à l'académie militaire américaine, M. Obama a dépeint la situation en Syrie comme un défi en matière de lutte contre le terrorisme, et a affirmé que cette intervention représenterait une nouvelle approche pour combattre l'extrémisme.

Le retrait du pouvoir de Bachar el-Assad, qu'il a qualifié de «dictateur brutal», demeurera la priorité.

En aidant ceux qui se battent «pour le droit de tous les Syriens de choisir leur propre avenir, nous repousseront aussi le nombre grandissant d'extrémistes qui trouvent refuge dans le chaos», a dit M. Obama aux cadets qui obtenaient leur diplôme.

Cette annonce a été immédiatement saluée par la Coalition nationale syrienne qui, par voie de communiqué, a affirmé apprécier «le soutien américain à la lutte du peuple syrien contre le régime el-Assad».

Des responsables de l'administration américaine ont affirmé que cette mission serait harmonisée avec un nouveau programme de lutte contre le terrorisme de 5 milliards $, que M. Obama a annoncé dans son discours, sans nécessairement en faire partie intégrante.

Ce programme nécessitera toutefois l'approbation du Congrès puisqu'il pourrait invoquer la loi sur les pouvoirs de guerre.

La semaine dernière, le comité des services armés du Sénat américain a autorisé un projet de loi qui permet au département de la Défense d'entraîner et d'équiper certains membres sélectionnés de l'opposition syrienne.

Selon le plan pour la Syrie, un nombre limité de soldats américains seraient envoyés en Jordanie pour former des membres sélectionnés de l'Armée syrienne libre sur la manipulation d'armes et différentes tactiques, ont dit les responsables.

Le département d'État, le Pentagone, les spécialistes du renseignement et plusieurs politiciens au Congrès qui appuient cette opération en sont venus à la conclusion que le président syrien ne cédera pas sans un changement de la situation militaire sur le terrain.

Les États-Unis apportent déjà de l'aide clandestine à l'opposition syrienne et ont déjà dépensé 287 millions $ en «aide non létale» depuis le début de la guerre civile syrienne, qui a fait plus de 160 000 morts depuis 2011. Les rebelles demandent à obtenir de l'armement depuis trois ans, ce que Washington était réticent à fournir, craignant entre autres que les armes finissent entre les mains d'extrémistes qui les utiliseraient contre Israël ou des intérêts américains.

La mission proposée serait coordonnée par les États-Unis, mais plusieurs autres pays seraient impliqués, notamment la Turquie, la Jordanie, l'Arabie saoudite, le Koweït et les Émirats arabes unis, ont indiqué les responsables.

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