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Washington appelle Tokyo et Séoul à coopérer dans la défense antimissiles

28/05/2014 10:58 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

Les Etats-Unis souhaitent voir leurs alliés en Asie-Pacifique, notamment le Japon et la Corée du Sud, renforcer leur coopération en matière de défense antimissiles pour faire face à la menace balistique nord-coréenne, a affirmé mercredi un haut responsable du Pentagone.

"Nous encourageons nos alliés et partenaires à acquérir leurs propres systèmes de défense antimissiles et à renforcer la coopération régionale, ce qui se traduira par de meilleurs résultats que si les pays agissent isolément", a déclaré l'amiral James Winnefeld, le vice-chef d'état-major interarmées.

Alors que les relations sont à couteaux tirés entre Tokyo et Séoul, "c'est un sujet politiquement très sensible", a admis l'amiral qui s'exprimait devant l'Atlantic Council, un cercle de réflexion de Washington. "Mais des progrès dans ce domaine augmenteraient notre confiance face aux provocations persistantes de la Corée du Nord".

Les capacités balistiques développées par Pyongyang sont plus avancées que celles de l'Iran, même si la Corée du Nord n'est pas en mesure à l'heure actuelle de frapper le territoire continental américain, a jugé l'amiral Winnefeld.

La nécessité d'une coopération est également rendue nécessaire par les pressions exercées sur les budgets militaires alors que le coût de chaque missile est faramineux.

"Le fait est qu'un missile THAAD, qui coûte environ 11 millions de dollars, pourrait être lancé contre un Scud qui ne coûte que 3 millions", a-t-il observé.

Les Etats-Unis, qui ont plusieurs dizaines de milliers de militaires stationnés au Japon et en Corée, disposent à tout moment dans le Pacifique de plusieurs destroyers ou croiseurs équipés pour la défense antimissiles.

Ils doivent également déployer avant la fin de l'année au Japon un radar de détection et de suivi de lancements de missiles TPY-2 et disposent d'un autre radar flottant dans le Pacifique, le SBX (Sea-based X-Band Radar).

Cette plate-forme semi-submersible surmontée d'un énorme radôme, avait déjà été positionnée en mer pour traquer d'éventuels missiles nord-coréens en avril 2013.

Un autre radar à longue portée sera déployé dans le Pacifique "aux alentours de 2020", selon l'amiral Winnefeld.

Washington a en outre déployé au printemps 2013 une batterie de missiles THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) sur l'île de Guam et envisage d'en déployer une autre en Corée du Sud, a rapporté mercredi le Wall Street Journal.

"A ce jour, il n'y a pas de décision prise par les Etats-Unis ou la République de Corée", sur un tel déploiement, a réagi un porte-parole du Pentagone, le colonel Steven Warren.

En dotation dans l'armée américaine depuis 2009, le système THAAD est conçu pour intercepter des missiles pouvant aller théoriquement jusqu'à 3.000 kilomètres de portée alors qu'ils se trouvent en phase terminale dans la haute atmosphère.

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