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Une initiative contre la destruction d'embryons fait long feu à Bruxelles

28/05/2014 11:43 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

La Commission européenne a opposé mercredi une fin de non-recevoir à l'initiative citoyenne de 1,7 million d'Européens appelant à interdire le financement de recherches et de programmes de développement impliquant la destruction d'embryons humains.

La Commission a annoncé dans un communiqué qu'elle ne soumettrait pas de proposition législative pour soutenir cet appel, "étant donné que les États membres et le Parlement européen viennent de débattre et de décider de la politique de l'Union dans ce domaine".

Les promoteurs de cette initiative citoyenne européenne (Ice) baptisée "Un de nous" ont réagi en dénonçant dans un communiqué une décision "contraire aux exigences éthiques et démocratiques".

L'enjeu était selon eux de tarir "le financement public européen des pratiques impliquant la destruction volontaire de vies humaines avant la naissance", que ce soit en matière de recherche ou de soutien à des programmes accusés de promouvoir l'avortement dans les pays en développement.

En matière de recherche, la Commission a décidé de ne pas donner suite car l'UE met déjà en oeuvre des "règles éthiques strictes" incluant "l'interdiction du financement de la destruction d'embryons", a affirmé la commissaire chargée de la Recherche, Maire Geoghegan-Quinn.

"Nos programmes de développement" en matière de santé reproductive des femmes "visent à étendre l'accès à des services efficaces de planification familiale, et, partant, à éliminer la nécessité de pratiquer l'avortement", a pour sa part expliqué le commissaire au développement, Andris Piebalgs.

Le soutien de l'UE en la matière "contribue fortement à réduire le nombre des avortements" en améliorant l'accès à "des services sûrs et efficaces", incluant "une large gamme de méthodes contraceptives, la contraception d'urgence et une éducation sexuelle globale", souligne notamment la Commission dans sa réponse complète.

Les promoteurs de l'initiative ont dénoncé un "veto injustifié et injustifiable". Selon eux, la Commission entend "continuer à financer des pratiques biotechnologiques qui se sont révélées sans avenir et non éthiques et à financer l'avortement dans les pays en développement".

La pétition était la deuxième à recueillir suffisamment de signatures depuis l'introduction de ce droit en 2012. Elle a été soutenue en France notamment par Alliance Vita, active dans l'opposition au mariage pour tous, les Associations Familiales Catholiques et le Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine.

Des ONG, appuyées par des députés européens de plusieurs groupes politiques, s'étaient alarmées au printemps de cette campagne, risquant selon elles de faire encore reculer la santé maternelle et des enfants dans des pays pauvres.

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