NOUVELLES

Un Sud-Africain poursuivi pour avoir séquestré et torturé femme et enfants pendant des années

28/05/2014 09:05 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

Il les aurait séquestrés pendant des années dans sa "maison des horreurs", violés, battus, torturés à l'électricité et au chalumeau: un Sud-Africain est poursuivi par la justice de son pays pour des sévices épouvantables sur sa femme et ses enfants.

Le tribunal de Springs, en grande banlieue de Johannesburg, devant lequel il a comparu mercredi, a interdit de divulguer son nom afin de protéger les enfants, âgés de 2 à 16 ans.

L'homme d'affaires afrikaner de 36 ans est accusé de les avoir torturés à l'électricité et de les avoir brûlés au chalumeau, a indiqué à l'AFP l'inspecteur de police Rudi Jansen.

Sa femme a dit aux policiers qu'il la déshabillait régulièrement, la menottait et la battait. Un rapport médical a montré que la fille aînée, âgée de 16 ans, était sexuellement active bien qu'elle n'ait jamais quitté la maison familiale.

La police doit encore confirmer que l'homme a séquestré femme et enfants pendant 16 ans, a ajouté l'inspecteur Jansen.

Devant le tribunal, quelques manifestants réclamaient sa tête.

"Qu'ils nous le livrent. Nous saurons quoi en faire!", a dit l'un d'eux. "C'est difficile de croire que ces choses arrivent aujourd'hui juste sous notre nez", a soupiré un autre.

L'inspecteur Jansen a précisé que des voisins avaient alerté la police la semaine dernière après qu'un fils du couple, âgé de 11 ans, se fut enfui.

Le père est allé le récupérer chez les voisins, lui a maintenu la tête sous l'eau dans sa piscine et l'a battu, selon la police. Il a ensuite caché le garçon blessé au grenier, si bien que les policiers ne l'ont pas trouvé en arrivant chez lui.

Les agents ont emmené les quatre autres enfants, alors que l'homme leur disait que le garçon s'était enfui. Il l'a ensuite envoyé chez des parents, mais sa femme a fini par craquer après quelques jours et indiquer aux autorités où il se trouvait.

Les cinq enfants ont été placés en sécurité, séparés de la mère sur laquelle la police enquête également, a précisé l'inspecteur Jansen.

Le procureur les a décrits comme "traumatisés".

- Des appels au secours -

Selon le quotidien en afrikaans Beeld, la "maison des horreurs" était richement meublée, mais les enfants partageaient le même lit. Le journal la décrit comme crasseuse et pleine de chaînes, cordes, chalumeaux et DVD pornographiques.

Des voisins ont indiqué ignorer que le couple avait cinq enfants, même s'ils connaissaient l'existence de certains.

Une femme âgée, qui fait partie depuis deux mois de la vingtaine de personnes à qui l'accusé louait des chambres sur sa propriété, a relevé qu'une des filles était venue quémander de la nourriture. "J'ai parfois entendu des voix dans la maison, qui pleuraient et criaient qu'elles voulaient sortir", a-t-elle témoigné.

Petro Coetze, un autre voisin, a dit qu'il pensait que le couple avait trois enfants. "Si j'avais su ce qui se passait dans la maison, j'aurais appelé à l'aide", a-t-il soupiré.

L'accusé a demandé à être libéré sous caution avant le procès proprement dit. L'audience n'a pas duré dix minutes mercredi et a été reportée au 4 juin, dans l'attente d'un complément d'enquête.

L'homme restera en détention en attendant, inculpé d'agression et de maltraitances sur enfants. Des poursuites pour séquestration, tentative de meurtre et obstruction à la justice devraient suivre, a précisé l'inspecteur Jansen.

Cette affaire rappelle d'autres cas de séquestrations, comme celui des trois jeunes femmes retrouvées en mars 2013 dans l'Ohio (nord-est des Etats-Unis) après avoir été retenues pendant 10 ans par Ariel Castro, qui les violait quotidiennement et les battait lorsqu'elles étaient enceintes. Une petite fille est née des viols répétés.

En Autriche, Elisabeth Fritzl a été emprisonnée, violée et maltraitée par son père Josef pendant 24 ans. Elle a donné naissance à sept enfants pendant sa détention et été libérée en 2008, après une hospitalisation de sa fille aînée qui avait alerté le personnel soignant.

Dans le même pays, la jeune Natascha Kampusch a été détenue pendant plus de huit ans par Wolfgang Priklopil, un technicien en télécommunications qui l'avait enlevée sur le chemin de l'école en 1998, lorsqu'elle avait 10 ans. Elle s'est évadée en 2006, profitant d'un moment d'inattention de son ravisseur.

jcm-liu/clr/mba

PLUS:hp