NOUVELLES

Ukraine: la tension monte dans l'Est, des observateurs de l'OSCE détenus

28/05/2014 10:02 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

La tension est montée dans l'est séparatiste prorusse de l'Ukraine, avec une attaque meurtrière des insurgés contre une unité ukrainienne mercredi soir à Lougansk et la détention de quatre observateurs de l'OSCE près de Donetsk.

Une unité de la Garde nationale ukrainienne composée de volontaires et basée dans cette ville proche de la Russie y a en effet été la cible d'un assaut.

A Donetsk, l'autre capitale de l'Est rebelle, peuplée de près d'un million d'habitants, de nouveaux tirs ont été entendus mercredi matin dans le centre et la zone proche de l'aéroport, inaccessible depuis les intenses combats lundi qui ont fait une quarantaine de morts, principalement des insurgés.

Des journalistes de l'AFP ont vu quelques avions de chasse survoler cette cité.

Plusieurs magasins du centre de Donetsk étaient fermés, leurs vitrines recouvertes par des plaques de bois ou de métal de peur de pillages, tandis que le Palais des sports Droujba avait été incendié la veille.

Les autorités ukrainiennes ont indiqué mercredi oeuvrer à la libération de quatre observateurs de

l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) retenus depuis lundi soir dans un endroit inconnu par des séparatistes.

Dans la soirée, l'organisation a annoncé qu'une autre de ses équipes d'observateurs avait été détenue pendant quelques heures mercredi après avoir été arrêtée à proximité d'un barrage routier près de Donetsk.

Et le médiateur de l'OSCE pour l'Ukraine, le diplomate allemand Wolfgang Ischinger, n'a pas exclu le retrait des observateurs de l'OSCE si la situation devenait trop dangereuse.

Le président en exercice de l'OSCE, le Suisse Didier Burkhalter, a pour sa part estimé que la détention d'observateurs dans l'est de l'Ukraine constituait un "acte de sabotage des efforts internationaux pour aider l'Ukraine à surmonter la crise".

- Moscou veut des mesures rapides -

Engagée dans une opération de plus en plus musclée contre les rebelles, l'Ukraine est en outre menacée d'une coupure de gaz par la Russie qui risquerait de perturber l'approvisionnement de l'Europe.

Moscou et Kiev semblaient camper sur leurs positions malgré les efforts des Européens en vue de leur proposer un compromis aux termes duquel l'Ukraine doit rembourser deux milliards de dollars sur le total de sa dette avant toute discussion sur la baisse du prix du gaz.

En visite en Allemagne, le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a déclaré que le règlement de la dette ne pourrait intervenir qu'après un accord sur le prix. Le ministre russe de l'Energie a répété qu'aucune discussion n'était possible sans versement préalable.

"Le mur de Berlin est tombé et il n'y aura plus jamais de nouveau mur de Berlin en Europe", a encore dit dans la capitale allemande M. Iatseniouk, selon lequel "notre objectif est que l'Ukraine devienne un pays européen avec le nouveau président", le milliardaire pro-occidental Petro Porochenko élu dimanche.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a pour sa part appelé ses homologues américain John Kerry et allemand Frank-Walter Steinmeier pour exiger des gestes rapides de la part du gouvernement ukrainien afin d'arrêter le "bain de sang".

"Il ne peut y avoir aucune justification à la poursuite de l'opération punitive de Kiev", a-t-il lancé à M. Steinmeier.

Petro Porochenko a de son côté promis de "réagir" pour mettre un terme à la "terreur".

"Nous sommes dans une situation de guerre dans l'est de l'Ukraine", a-t-il déclaré au quotidien Bild. "Nous n'allons pas plus longtemps laisser ces terroristes enlever des gens et les tuer (...), les laisser occuper des bâtiments et faire fi des lois", a poursuivi M. Porochenko dont l'investiture est prévue pour début juin.

Il a également dit vouloir discuter avec Vladimir Poutine pour "apaiser la situation et oeuvrer à la paix", après que le conflit dans l'Est a fait près de 200 morts depuis la mi-avril.

MM. Porochenko et Poutine pourront à cet égard se croiser en France où ils ont été invités par François Hollande aux cérémonies commémoratives du Débarquement le 6 juin.

bur-neo/gmo/bds/mf

PLUS:hp