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Thaïlande: libération des meneurs des Chemises rouges, partisans du gouvernement renversé

28/05/2014 07:23 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

Les meneurs des Chemises rouges, puissant mouvement de soutien au gouvernement déchu par un coup d'Etat militaire en Thaïlande, ont été relâchés mercredi.

Ils étaient détenus par l'armée dans des endroits tenus secrets. Certains avaient été interpellés jeudi dernier lors des négociations organisées par les militaires entre opposants politiques, avant l'annonce du putsch.

Parmi eux Jatuporn Prompan, le président des Chemises rouges, dont la libération a été annoncée sur sa page Facebook, et Thida Thavornset, qui lui avait cédé sa place il y a quelques mois à la tête du mouvement, a vu un photographe de l'AFP.

L'armée, qui a convoqué plus de 250 personnes, demande aux personnes relâchées de signer un document les engageant à cesser toute activité politique.

La veille, la junte militaire avait annoncé la libération de l'ex-Première ministre Yingluck Shinawatra, entre autres personnalités relâchées après plusieurs jours de camp militaire.

Yingluck, soeur de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, renversé par le précédent putsch en 2006 et qui reste malgré son exil le facteur de division du royaume, s'était rendue vendredi dernier à une convocation du nouveau régime militaire, au lendemain du coup d'Etat.

L'ancien ministre de l'Education, Chaturon Chaisong, interpellé sous les yeux de la presse internationale mardi, risquait quant à lui jusqu'à deux ans de prison devant la cour martiale, pour avoir refusé de se présenter à la convocation de l'armée.

Depuis ce coup d'Etat dénoncé par la communauté internationale, la junte a suspendu en grande partie la Constitution. Elle a imposé un couvre-feu et mis en place des restrictions à la liberté des médias et d'internet.

Selon le Bureau de protection et de répression des crimes technologiques, organe officiel interrogé mercredi par l'AFP, 330 sites ont été fermés depuis le coup d'Etat jeudi dernier.

La junte a affirmé que la lutte contre le crime de "lèse-majesté" ou toute autre "menace à la sécurité nationale" en ligne serait une de ses priorités.

En raison de ces menaces, les internautes se sont alarmés mercredi de problèmes d'accès à Facebook en Thaïlande, mais la junte a assuré n'y être pour rien.

"Urgent: Facebook a été suspendu", écrivait entre autres un internaute sur le réseau social concurrent Twitter. "Ce serait du suicide. Le pays tout entier manifesterait", plaisantait un autre, alors que les réseaux sociaux sont très utilisés en Thaïlande.

"Nous n'avons pas ordonné le blocage de Facebook", a très rapidement indiqué le porte-parole du régime, le colonel Winthai Suvaree, intervenu à la télévision nationale pour répondre à ces craintes.

La Thaïlande a vécu 19 coups d'Etat ou tentatives depuis l'établissement de la monarchie constitutionnelle en 1932.

L'armée assure avoir été poussée au coup d'Etat par l'impossibilité des acteurs politiques civils à trouver une sortie de crise, après sept mois de manifestations anti-gouvernementales qui ont fait 28 morts.

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