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Salons de bronzage et cancer: pas de resserrement de la législation en vue

28/05/2014 02:59 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a écarté mercredi la possibilité de serrer la vis davantage aux salons de bronzage, pointés du doigt pour expliquer partiellement la progression du nombre de cancers de la peau au Québec et au Canada.

Selon M. Barrette, l'adoption en février 2012 de la loi québécoise interdisant aux mineurs de fréquenter ces établissements est suffisante.

Il n'envisage donc pas de suivre l'exemple de certains pays comme les États-Unis, qui imposent des taxes aux clients des salons de bronzage pour ensuite réinjecter les sommes récoltées dans des programmes en santé.

«Il y a une première étape qui a été faite. Maintenant non, aujourd'hui, on n'en est pas là (à l'idée de taxer). C'est une chose qui pourrait être discutée, évidemment, comme n'importe quoi, mais actuellement, on n'a pas ça sur notre table à dessin», a-t-il affirmé en entrevue avec La Presse Canadienne.

L'intervention de l'État n'aurait d'ailleurs pas à être aussi musclée que dans le cas de la prévention du cancer du poumon, a suggéré le ministre.

Car à son avis, on ne peut comparer l'exposition à des rayons ultraviolets (UV) en cabine à la consommation de produits du tabac, les adeptes du bronzage en salon n'étant pas à risque de développer une dépendance comme telle.

«Là, c'est un geste volontaire, banal. Tout un chacun doit prendre conscience que le cancer de la peau, ça se prévient à 100 pour cent en prenant des précautions élémentaires, (...) alors on n'est pas dans une dynamique qui est la même que celle de la cigarette où on doit frapper très fort», a exposé M. Barrette.

Des experts ont toutefois identifié au cours des dernières années l'émergence d'un phénomène appelé la «tanorexie», une forme de dépendance au bronzage.

Il n'en demeure pas moins que, statistiquement parlant, le facteur de risque numéro un pouvant mener à un cancer de la peau demeure la surexposition aux rayons ultraviolets du soleil sans protection adéquate, selon Gaétan Barrette.

Un rapport rendu public mercredi par la Société canadienne du cancer (SCC) conclut qu'environ 930 mélanomes et 30 000 autres cas de cancer de la peau (carcinome spinocellulaire et carcinome basocellulaire) seront diagnostiqués au courant de l'année au Québec, soit environ 30 pour cent du nombre total de cas.

Cela fait du cancer de la peau le type de cancer dont la progression est la plus marquée au pays.

En février 2012, dans un mémoire déposé en commission parlementaire, l'organisation avait proposé d'inclure dans le projet de loi sur les salons de bronzage l'imposition d'une taxe à la séance de 10 pour cent, avec un prix plancher de 1 $.

Il reste qu'aujourd'hui, le porte-parole de la SCC, André Beaulieu, s'inscrit dans la même ligne de pensée que le ministre de la Santé: à ses yeux, l'heure est toujours davantage à la conscientisation qu'à la contrainte.

La pression exercée par l'explosion du nombre de cas de cancer de la peau sur le système de santé est non négligeable: au Canada, les coûts atteignent actuellement environ 532 millions $ par année, et on s'attend à ce que cette somme grimpe à 922 millions $ par année d'ici 2031, selon la SCC.

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