POLITIQUE

Rencontre Couillard-Trudeau : l'heure n'est pas aux «chicanes» constitutionnelles

28/05/2014 06:16 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT
PC

QUÉBEC - La réouverture de la Constitution pour satisfaire les demandes du Québec ne figure pas sur l'écran radar du Parti libéral du Canada (PLC), a prévenu mercredi Justin Trudeau.

Au terme de son entretien d'une soixantaine de minutes avec le premier ministre Philippe Couillard à son bureau de Québec, le chef du PLC a mis cartes sur table: l'heure n'est pas aux «chicanes» constitutionnelles.

«On s'est mis d'accord sur le fait que la priorité, c'est l'économie, c'est ça la préoccupation des Québécois et des Canadiens», a déclaré M. Trudeau aux médias à l'issue de la rencontre. Le premier ministre du Québec n'a pas participé au point de presse.

L'économie a dominé les échanges lors de la rencontre en tête-à-tête mais le dossier constitutionnel a été abordé brièvement en ce qui concerne la nomination des juges québécois à la Cour suprême et la composition du Sénat, a relaté le leader du PLC.

Même s'il est plus discret sur la question nationale depuis la dernière campagne électorale, le premier ministre Couillard n'a jamais caché son désir que le Québec réintègre le giron constitutionnel. Il veut remettre de l'avant les revendications traditionnelles du Québec.

S'il devient à son tour premier ministre, M. Trudeau promet d'entendre les doléances de «n'importe quel premier ministre de n'importe quelle province». Il a cependant ajouté que les discussions devront porter sur des enjeux prioritaires. La Constitution n'en fait pas partie.

«La priorité des Canadiens, ce n'est pas les chicanes constitutionnelles, ce ne sont pas des négociations avec les dix provinces sur ce sujet. La priorité, c'est leur job, les pensions de nos aînés, notre système de santé, l'éducation de nos enfants. Il y a bien des choses dont il faut qu'on discute entre premiers ministres et c'est sur ça que je vais me concentrer», a-t-il dit.

Que le chef du gouvernement québécois soit un ardent fédéraliste ou non, rouvrir le débat constitutionnel mènerait inévitablement à de nouvelles «chicanes», selon le député de Papineau.

«Il y a dix premiers ministres des provinces qui ont tous leur perspective sur la Constitution. Je veux bien qu'on ait de bonnes conversations mais je veux qu'on garde ces conversations axées sur les enjeux qui préoccupent le plus les Canadiens et ces jours-ci c'est l'économie, le système de santé, nos pensions», a-t-il insisté.

Plutôt que d'afficher de grandes ambitions constitutionnelles, le leader libéral a dit vouloir travailler avec M. Couillard pour que le Québec mette fin à sa position de recul et «participe pleinement» aux discussions sur «les grands enjeux canadiens».

«Ce que j'espère, si je deviens premier ministre du Canada, c'est de pouvoir travailler avec M. Couillard pour que le Québec reprenne une place au sein de l'économie du Canada. On a depuis longtemps un Québec qui se tient un petit peu en recul en participant au gouvernement fédéral seulement en opposition», a-t-il dit.

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