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Projet de loi en immigration: les opposants sont «hypocrites», dit le ministre

28/05/2014 05:17 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

OTTAWA - Le ministre fédéral de l'Immigration, Chris Alexander, a accusé, mercredi, les opposants au projet de loi controversé du gouvernement conservateur de faire preuve de «pure folie et d'hypocrisie» à la veille d'un vote aux Communes.

M. Alexander a soutenu à La Presse Canadienne que les libéraux et les néo-démocrates étaient «déconnectés» de la population, qui reconnaît, elle, l'«immense valeur» de la citoyenneté canadienne et l'importance de protéger son intégrité.

Le ministre a été encore plus cinglant à l'endroit d'avocats de l'immigration, qui tentent, selon lui, de «mousser leurs activités en promouvant les intérêts de terroristes condamnés et de criminels, au détriment de la sécurité des Canadiens».

Le projet de loi C-24 «renforçant la citoyenneté canadienne» propose une série de réformes au système d'immigration. Il devait se rendre, plus tard mercredi, en deuxième lecture — signifiant essentiellement une entente de principe.

Selon les changements proposés, la citoyenneté canadienne pourrait être révoquée pour les gens ayant une double citoyenneté et qui sont condamnés pour terrorisme, haute trahison, espionnage, ou qui ont pris les armes contre le Canada. De plus, les résidents permanents condamnés pour ces actes ne pourraient plus demander la citoyenneté canadienne.

M. Alexander a déjà dit que ces règles s'appliqueraient seulement aux gens traduits en justice au Canada, et que le gouvernement n'accepterait pas les condamnations provenant de régimes dictatoriaux. Le ministre a fait valoir que la loi n'avait pas été revue depuis 36 ans, et que le gouvernement espérait réduire par ces changements un arriéré de 320 000 dossiers de demandes de citoyenneté.

Libéraux et néo-démocrates ont indiqué qu'ils voteraient contre le projet de loi, ce jeudi, déplorant le peu de temps accordé à son examen aux Communes et l'ajout de multiples obstacles à la citoyenneté.

«Je crois qu'il est clair que (le gouvernement) ne veut pas que le projet de loi soit compris par les Canadiens; plus les Canadiens comprendront de quoi il s'agit, moins ils y seront favorables», a soutenu le porte-parole libéral en matière d'immigration, John McCallum. «Ils font toutes sortes de choses pour augmenter les obstacles à la citoyenneté. Ils soupçonnent que tout le monde est en quelque sorte un criminel.»

La députée du Nouveau Parti démocratique Lysane Blanchette-Lamothe a fait valoir que «tous les experts» aux audiences du comité des Communes avaient convenu que ce projet de loi est «probablement inconstitutionnel».

Mme Blanchette-Lamothe a dit particulièrement s'inquiéter des pouvoirs que le gouvernement se donnerait pour révoquer la citoyenneté — sans espoir d'appels — en fonction de condamnations dans d'autres pays, et des conditions pour les gens devant quitter le Canada.

Des dispositions du projet de loi requièrent aux demandeurs d'avoir été présents au Canada pour un total de quatre des six années précédentes, et pour 183 jours par année pour au moins quatre de ces six années.

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