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Plan d'action de l'Unesco pour sauvegarder le patrimoine syrien

28/05/2014 11:14 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

Un plan d'action pour sauvegarder le patrimoine syrien, financé par l'UE sur trois ans, a été présenté mercredi à Paris par l'Unesco, visant notamment à démilitariser les sites menacés et à mieux lutter contre le trafic des biens culturels.

Ce projet Unesco disposera d'"un fonds initial de 2,5 millions d'euros", a dit Francesco Bandarin, sous-directeur à la culture de l'Unesco, au cours d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion de deux jours d'experts issus du régime syrien et de l'opposition, ainsi que de responsables internationaux.

"On a créé un Observatoire du patrimoine en Syrie, basé à Beyrouth, pour rassembler toutes les informations", a souligné le responsable de l'Unesco.

L'agence de l'ONU, a précisé M. Bandarin, veut convaincre les parties de "démilitariser" les sites du patrimoine syrien qui continuent d'être pris pour cible, citant notamment le célèbre Krak des Chevaliers (ouest) bombardé parce qu'il abritait des rebelles.

M. Bandarin a toutefois reconnu qu'il serait difficile d'atteindre cet objectif, tant qu'il n'y aurait pas d'"ouverture" aux négociations de Genève sur la Syrie.

Mais il s'est montré optimiste sur la possibilité d'un travail en commun. "On a réussi à créer une vraie communauté d'experts qui, au-delà de leurs opinions individuelles, se placent sous le parapluie de l'Unesco pour faire quelque chose de significatif", a-t-il dit.

L'Unesco va aussi créer "un mécanisme pour faciliter l'échange d'informations" sur le trafic d'objets pillés et "aider les polices à saisir les objets volés".

L'agence souhaite l'adoption d'une résolution au Conseil de Sécurité de l'ONU afin de mieux protéger le patrimoine exporté illicitement "à travers la prohibition de la vente et du transfert du patrimoine culturel".

L'agence de l'ONU souhaite également protéger d'urgence le patrimoine immatériel des populations : "la musique, le théâtre, l'art, l'artisanat, la cuisine".

"Toutes ces chaînes de production et de consommation patrimoniale sont détruites ou interrompues quand il y a un déplacement de populations", a expliqué M. Bandarin. Il faut donc prendre des mesures pour "maintenir en vie ces traditions pendant la crise humanitaire".

L'ONU avait appelé le 12 mars "toutes les parties à mettre immédiatement fin à la destruction du patrimoine syrien", condamnant l'utilisation à des fins militaires des sites inscrits au patrimoine mondial comme Palmyre (est), le Krak des Chevaliers (ouest), l'église de Saint Siméon (nord) et Alep et sa citadelle (nord).

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