POLITIQUE

Péage sur le pont Champlain: des maires donnent leur avis devant un comité sénatorial

28/05/2014 09:43 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT
PC

MONTRÉAL - Le pont Champlain est essentiel pour l'ensemble de l'économie canadienne et il serait injuste que seuls les utilisateurs de la structure aient à assumer les coûts liés à son remplacement par un péage, ont affirmé les maires de deux des plus grandes villes du Québec devant un comité sénatorial à Ottawa.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, et la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, ont expliqué leur point de vue sur la question controversée du péage lors d'une rencontre avec les membres du comité sénatorial des transports, mardi.

Ils ont aussi déposé un mémoire conjoint après avoir été invités à le faire par le comité qui étudie le projet de loi C-31, qui encadrera la construction du nouveau pont qui reliera les deux rives du Saint-Laurent.

Ils ont argué que contrairement aux ponts de la 25 et de la 30, qui «s'ajoutent aux ponts existants», le pont de remplacement du pont Champlain n'ajoutera aucune capacité supplémentaire au réseau routier qui relie l'Île de Montréal à la Rive-Sud.

Le maire de Montréal a confié ses craintes face à la possibilité qu'un péage soit imposé sur cet axe économique majeur.

Selon lui, la circulation augmentera de manière importante sur les autres ponts et les conséquences seront importantes sur l'économie.

«Nous remettons les pendules à l'heure en ce qui concerne la nature même du débat entourant le pont Champlain: il s'agit de remplacer un pont existant, un pont qui est essentiel pour l'ensemble du Canada. Par conséquent, il serait injuste de faire porter le poids financier de son remplacement uniquement par ses utilisateurs», a indiqué Denis Coderre, qui est aussi président de la Communauté métropolitaine de Montréal.

Le 1er décembre dernier, le ministre fédéral de l'Infrastructure, Denis Lebel, a annoncé que le nouveau pont Champlain serait prêt en 2018. Il avait alors lancé que «pas de péage, pas de pont».

Les deux élus ont affirmé devant le comité sénatorial qu'il y a consensus de «l'ensemble de la région métropolitaine» contre un péage sur le pont Champlain. Selon eux, le gouvernement fédéral doit «assumer 100 pour cent des coûts de réalisation».

«Le remplacement du pont Champlain n'est pas qu'un enjeu local, c'est un enjeu national qui doit être considéré comme tel par le gouvernement fédéral, et c'est aussi pour cette raison que son financement doit être assumé par l'ensemble des contribuables», a affirmé Caroline St-Hilaire.

Selon eux, les citoyens de la grande région de Montréal n'ont pas à payer le prix d'une mauvaise conception et d'un mauvais entretien de la structure.

Les deux maires rappellent que le pont Champlain a été inauguré en 1967 et que sa durée de vie a été excessivement courte, alors que sa construction date de moins de 50 ans.

« Si le pont avait été bien conçu, bien construit et bien entretenu, il ne serait pas nécessaire de le remplacer et il ne serait pas question d'y imposer un nouveau péage», selon Mme St-Hilaire.

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