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Obama expose sa nouvelle approche nuance de la politique militaire étrangère

28/05/2014 10:23 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

WASHINGTON - Alors que la longue et douloureuse guerre en Afghanistan tire à sa fin, le président Barack Obama a exposé mercredi sa vision nuancée d'une future politique militaire américaine.

L'interventionnisme militaire à l'étranger découlant du règne de George W. Bush sera bientôt chose du passé, mais le futur ne doit pas amener les États-Unis à l'autre extrémité du spectre, dans l'isolationnisme, a dit M. Obama dans un discours devant des militaires qui obtenaient leur diplôme, à West Point.

Le président a décrit trois types de conflits et la réponse appropriée.

D'abord, si la sécurité des États-Unis est en jeu, le pays combattra sans chercher à obtenir l'approbation de la communauté internationale.

Ensuite, si des problèmes surviennent à l'étranger et que l'aide des États-Unis est sollicitée, le pays pourrait combattre, mais seulement avec l'appui de ses alliés.

Finalement, il arrivera que l'armée reste simplement à l'écart des batailles, a expliqué le président, au lendemain d'une annonce détaillant le plan de retrait des troupes de l'Afghanistan.

«Ce n'est pas parce que nous avons le meilleur marteau que tous les problèmes deviennent un clou», a déclaré M. Obama, ajoutant du même souffle que la diplomatie et le développement sont souvent les meilleurs substituts au pouvoir brut.

Montée d'al-Qaïda en Irak, détérioration de la situation en Libye et en Syrie, gain de la Russie en Ukraine: cette semaine, un éditorial accablant du Washington Post affirmait que les résultats des choix du président en matière de politique internationale étaient désastreux.

Alors que Barack Obama entame le dernier quart de son mandat, il est clair que la Maison-Blanche cherche à ajouter une ligne sur la politique étrangère à l'épitaphe politique, qui comprend déjà la réforme du système de santé et les changements climatiques: ce 44e président, qui, à la surprise générale — incluant la sienne —, a reçu un prix Nobel de la paix pendant sa première année au pouvoir, a tout de même tiré les États-Unis de deux guerres qui ont coûté la vie à 6000 Américains et coûté 6000 milliards $ US.

Vers la fin de son discours, dont il a profité pour faire plusieurs annonces, M. Obama a souligné l'importance et la supériorité de l'armée américaine, dont le budget est plus élevé que celui des dix prochaines armées combinées.

«Pensez-y. Notre armée n'a pas son pareil. Les probabilités d'une menace directe contre nous par n'importe quel pays sont basses et sont très loin des dangers auxquels nous avons fait face durant la Guerre froide», a déclaré M. Obama.

«Nos valeurs fondatrices inspirent des chefs de parlement et des mouvements sur les places publiques partout dans le monde. Et quand un typhon s'abat sur les Philippines, que des écolières sont kidnappées au Nigeria ou que des hommes masqués occupent un bâtiment en Ukraine, c'est vers les États-Unis que le monde se tourne. Donc, les États-Unis sont et demeurent la nation indispensable. C'est le cas depuis le dernier siècle et ce sera le cas pour le siècle à venir.»

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