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Nouvel assaut massif sur Melilla, près de 500 clandestins entrent en Espagne

28/05/2014 09:57 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

Plus de mille immigrants subsahariens ont tenté mercredi de franchir la frontière séparant le Maroc de Melilla, près de 500 parvenant finalement à entrer dans l'enclave espagnole lors de l'un des assauts les plus massifs depuis 2005 dans cette ville, selon les autorités locales.

"Vers 06H00 il y a eu un assaut dans la zone de Barrio Chino. Environ 1.000 personnes ont tenté de passer et un peu moins de 500 ont réussi", a indiqué un porte-parole de la préfecture de Melilla.

"Ils venaient par vagues" jusqu'à la triple frontière grillagée, de sept mètres de haut et onze kilomètres de long, qui forme un demi-cercle autour de la ville méditerranéenne, sur la côte nord du Maroc, a expliqué le président de Melilla, Juan José Imbroda, à la radio.

Les autorités locales de Nador, au Maroc, ont affirmé que la tentative avait été menée par "cinq groupes" comprenant au total plus de 1.500 migrants, dont dix ont été blessés et hospitalisés. Quatre membres des forces de l'ordre marocaines ont été blessés par des jets de pierre, selon cette source.

"Les autorités marocaines ont bien collaboré. Il y a eu également un grand déploiement de la Garde civile. Mais il était difficile d'arrêter" l'assaut, a ajouté Juan José Imbroda.

Le secrétaire d'Etat espagnol à la Sécurité, Francisco Martinez, qui s'est rendu à Melilla, a affirmé que le groupe était "parfaitement coordonné et organisé", de manière "à identifier les points sensibles de la frontière et de profiter des endroits où le dispositif anti-intrusion n'est pas totalement installé".

Il en a une nouvelle fois appelé à l'Union européenne "pour qu'elle s'implique de manière beaucoup plus active face à un problème qui touche à la sécurité des frontières européennes, et pas seulement de l'Espagne".

Les migrants entrés en Espagne se sont ensuite dirigés vers le centre d'accueil de Melilla, déjà débordé. "Certains ont été soignés pour des blessures légères dans l'infirmerie du Ceti", le centre d'accueil, a expliqué le porte-parole de la préfecture.

"Il y avait déjà environ 2.000 personnes hébergées" pour 480 places, a expliqué Juan José Imbroda. "Imaginez-vous donc le grand problème que nous allons avoir ce matin, en nous retrouvant avec 400 personnes supplémentaires".

Face à ces assauts, l'Espagne ne cesse de renforcer la frontière de Melilla. Ainsi un nouveau grillage anti-escalade, plus serré, a commencé à être installé ces derniers mois. Ce grillage "a démontré sa grande efficacité. Son installation va être accélérée afin qu'il soit en place sur toute la frontière dans les prochains jours", a indiqué le secrétaire d'Etat à la Sécurité.

Le 18 mars, environ 500 immigrants subsahariens avaient pénétré dans Melilla lors de l'assaut le plus massif depuis 2005 dans cette ville, débordée par une extrême pression migratoire.

Les migrants venus d'Afrique subsaharienne ont établi leurs campements, pour certains après un voyage de plusieurs mois, sur les pentes du mont Gurugu, du côté marocain, où ils attendant de pénétrer sur le sol européen.

Le 6 février, une tentative d'entrée dans l'autre enclave espagnole au Maroc, Ceuta, avait tourné au drame lorsque 15 migrants étaient morts noyés.

Le gouvernement espagnol avait alors été vivement critiqué pour la riposte de ses forces de l'ordre, qui ont depuis reçu pour consigne de ne plus utiliser de balles en caoutchouc pour repousser les assauts dans les deux enclaves.

Melilla et Ceuta constituent les deux seules frontières terrestres entre l'Afrique et l'Europe, plaçant l'Espagne parmi les pays les plus touchés par l'immigration clandestine.

De nombreux immigrants tentent aussi de rejoindre l'Espagne par la mer. Les autorités marocaines ont annoncé mercredi la mort de deux personnes qui se sont noyées en essayant de gagner la côte espagnole depuis Tanger. Elles se trouvaient parmi un groupe de onze migrants à bord d'une embarcation qui a chaviré.

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