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Grève du platine en Afrique du Sud: les négociations dans l'impasse (ministre)

28/05/2014 02:35 EDT | Actualisé 27/07/2014 05:12 EDT

Les négociations entamées par la justice du travail sud-africaine pour tenter de mettre fin à la longue grève qui affecte depuis janvier les trois principaux producteurs mondiaux de platine ont échoué, a indiqué mercredi le nouveau ministre des Mines.

"Si nous pouvons résoudre (le conflit) aujourd'hui, j'en serai heureux. Mais il est apparu que la médiation s'est arrêtée hier" (mardi), a déclaré le ministre, Ngoako Ramathlodi, en fonction depuis lundi, à la radio 702.

Il a mis en place une cellule de crise à son ministère et dit avoir déjà rencontré Joseph Mathunjwa, l'intransigeant président du syndicat Amcu qui a fait cesser le travail à quelque 80.000 employés d'Anglo American Platinum (Amplats), Impala Platinum (Implats) et Lonmin.

A la question de savoir s'il reprenait la main, après l'échec des négociations menées par la CCMA (la commission paritaire chargée d'aider à la résolution des conflits sociaux) et la justice du travail, le ministre a répondu: "Reprendre est un mot dangereux. Je vais être impliqué."

Après plusieurs semaines de dialogue de sourds, les discussions entre patronat et syndicat avaient repris le 21 mai sous l'égide d'un juge du tribunal du travail de Johannesburg.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole d'Implats Johan Theron a indiqué mercredi que les producteurs attendaient une notification du juge pour conclure définitivement à un échec de ce round de négociations.

Amcu réclame que le salaire de base des mineurs soit plus que doublé à 12.500 rands (880 euros) par mois, tandis que les trois géants miniers proposent d'arriver à une telle somme en trois ans, mais primes et avantages compris.

La grève du platine a été largement rendue responsable d'un recul de 0,6% du PIB sud-africain au 1er trimestre, par rapport aux trois mois précédents (en rythme annualisé, corrigé des variations saisonnières), premier recul depuis la récession de 2009.

Elle est longtemps restée relativement pacifique, mais une personne est morte dans des heurts avec la police en février, et la police a recensé six autres victimes depuis le début du mois.

Le syndicat national des mines NUM, rival d'Amcu et proche du pouvoir, s'est plaint dans un communiqué d'une escalade de la violence de la part du camp des grévistes, signalant que des cocktails molotov ont été jetés sur les maisons de deux de ses adhérents à Sefikile, près du site d'Union Mine, appartenant à Amplats, dans la nuit de mardi à mercredi.

Les violences et manoeuvres d'intimidation sont monnaie courante en Afrique du Sud, quelle que soit l'obédience syndicale.

Selon la police, deux mineurs d'Implats de 33 et 37 ans ont également été victimes d'agressions à l'arme blanche par des inconnus alors qu'ils se rendaient au travail mardi, qui leur ont occasionné de multiples blessures.

liu-clr/sd

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