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Le cancer de la peau progresse au pays

28/05/2014 05:56 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT
Simon Wilkinson via Getty Images

Le cancer de la peau a beau être facile à éviter, c'est ce type de tumeur que la Société canadienne du cancer (SCC) a choisi de montrer du doigt dans son rapport de statistiques annuel, publié ce matin. Parce qu'il s'agit du cancer le plus fréquent au Canada, mais surtout, parce que ses taux d'incidence et de mortalité sont en progression, alors que de nombreux autres types de cancers sont à la baisse.

« Encore trop de Québécois s'exposent au soleil et aux UV artificiels », indique Suzanne Dubois, directrice générale de la division du Québec de la SCC.

D'après les études réalisées sur l'exposition au soleil au cours des 20 dernières années au Canada, les programmes de prévention se sont révélés peu efficaces. La Société canadienne du cancer applaudit la loi entrée en vigueur en février 2013 interdisant aux mineurs l'accès aux salons de bronzage, mais déplore le manque de protection adéquate avec lequel les Canadiens s'exposent aux rayons solaires.

En 2014, environ 82 600 nouveaux cas de cancers de la peau seront diagnostiqués, incluant les cas de mélanome malin, le plus mortel des cancers de la peau. Les gens qui ont commencé à utiliser des appareils de bronzage artificiels avant l'âge de 35 ans ont 59 % plus de risque de développer un mélanome. Quelque 1050 Canadiens en mourront cette année.

La SCC en profite donc pour démentir le mythe voulant qu'il soit préférable d'être légèrement bronzé avant une exposition accrue au soleil. « Le bronzage n'a pas d'effet protecteur; au contraire, il signifie que la peau a subi l'assaut des UV et que l'ADN des cellules a été altéré. Les dommages causés par les radiations UV sont cumulatifs et irréversibles », indique-t-on.

Le cancer du poumon demeure le plus meurtrier

Le cancer de la peau coûte 532 millions de dollars par année au Canada, selon les dernières estimations du Partenariat canadien contre le cancer, datant de 2010. Ce fardeau devrait s'alourdir à 922 millions de dollars d'ici à 2031.

Le cancer du poumon demeure toutefois le type de cancer le plus meurtrier. Près du tiers (27 %) des décès par cancer sont dus au cancer du poumon, étroitement lié au tabagisme.

Malgré une baisse du taux de décès associés au cancer du poumon depuis 25 ans, notamment parce que nombreux fumeurs ont écrasé la cigarette dans les années 2000, la SCC déplore que le pourcentage de fumeurs québécois n'ait pas baissé ces cinq dernières années. « Pour chaque fumeur qui arrête ou décède, un jeune le remplace », résume la Société canadienne du cancer.

Le cancer au canada en 2014

Vieillissement

Globalement, près de la moitié des Canadiens qui reçoivent un diagnostic de cancer ont plus de 70 ans et près de 90 % ont plus de 50 ans.

Étant donné le vieillissement de la population, il faut s'attendre à voir le nombre de cas et de décès continuer d'augmenter, malgré les percées médicales qui peuvent aider à prévenir et guérir la maladie.

De façon générale, les hommes sont plus nombreux que les femmes à souffrir d'un cancer, mais à cause des incidences de cancers du sein et de la thyroïde, les femmes ont plus de chance d'en développer alors qu'elles sont encore « dans la force de l'âge », c'est-à-dire âgées de 20 à 59 ans.

Heureusement, les personnes diagnostiquées ont de meilleures chances de survivre aux cinq prochaines années qu'il y a 10 ans. Pour tous les types de cancer réunis, les personnes atteintes ont 63 % de chance de survivre pendant cinq ans. Ce taux varie toutefois grandement d'un type de cancer à l'autre. Par exemple, le cancer de la thyroïde présente un taux de 98 % alors que celui du pancréas se trouve à 8 %.

Sur le plan géographique, le rapport indique que « l'incidence du cancer diminue à mesure que nous nous déplaçons de l'est vers l'ouest du pays. » Le plus haut taux d'incidence du cancer se trouvent dans les provinces de l'Atlantique et au Québec, alors que les taux les plus faibles se trouvent en Colombie-Britannique.

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