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Brésil : nouvelles grèves mercredi à l'approche du Mondial

28/05/2014 12:46 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

A quinze jours du Mondial, une grève de conducteurs d'autobus réclamant des hausses de salaires perturbait la circulation dans quatre villes du Brésil dans un contexte de revendications de mouvements sociaux et politiques, un mouvement cependant peu suivi à Rio.

Le secrétaire des Transports de Rio, Alexandre Sansao, a indiqué "qu'au moins 80% de la flotte circulait normalement".

"L'impact est bien moins important que pendant la dernière grève", a-t-il souligné à la chaîne de télévision TV Globo News.

Les grévistes, un groupe dissident du syndicat des transports (Sintraturb-Rio), revendiquent 40% d'augmentation de salaires alors que le syndicat avait négocié et obtenu en mars une hausse de 10%.

Il s'agit de la troisième grève des conducteurs d'autobus à Rio ce mois-ci. Les précédentes avaient été suivies à plus de 70%. La première le 8 mai s'était soldée par 531 autobus endommagés ou incendiés par des grévistes, pour un préjudice financier estimé à 17 millions de reais (5,6 millions d'euros).

En revanche, dans le nord-est du pays, à Sao Luis do Maranhao et Salvador de Bahia - l'une des 12 villes hôtes du Mondial- et à Florianopolis (sud), pratiquement aucun autobus ne circulait mercredi. A Sao Luis, la grève dure depuis sept jours et à Salvador, où les rares véhicules qui sortaient des garages étaient sous escorte policière, depuis trois jours. A Florianoplis le mouvement est prévu pour durer 24h.

- Flèche dans la cuisse -

Outre des hausses de salaires, les employés réclament de meilleures conditions de travail.

A l'approche du Mondial (12 juin-13 juillet) qui donne plus de visibilité au Brésil où des élections générales auront lieu en octobre, grèves et petites manifestations se multiplient.

Professeurs, agents de sécurité de banque et médecins se sont joints au mouvement, cessant le travail.

Mardi, ce sont 500 chefs indiens qui se sont mobilisés à Brasilia pour réclamer la délimitation de leurs territoires. Arborant des peintures de guerre et armés d'arcs et de flèches, ils ont rejoint une manifestation d'un millier de travailleurs sans abri.

Quand la police montée a empêché les manifestants de s'approcher du stade flambant neuf Mané Garrincha, un Indien a tiré une flèche dans la cuisse de l'un des 700 policiers qui ont dispersé les protestataires avec des bombes lacrymogènes.

Il y a un an, le Brésil a été secoué par une fronde sociale historique en pleine Coupe des Confédérations. Les manifestants critiquaient les sommes colossales investies dans la construction des stades et réclamaient l'amélioration des services publics.

- 'Radicalement différent' de 2013 -

Ces manifestations spontanées, convoquées sur les réseaux sociaux, sans bannière politique, se sont poursuivies, mais se sont radicalisées et ont perdu en intensité.

Le sociologue de l'Université de Rio (Uerj), José Augusto Rodrigues, a observé pour l'AFP que "ce qui se passe maintenant est radicalement différent de ce qui se passait en juin 2013".

"L'ambiance de malaise perdure mais, même sans cela, les mouvements sociaux auraient profité du Mondial pour faire pression sur le gouvernement; cela a été comme ça aux JO de Londres", a déclaré le sociologue.

"En juin dernier, le malaise existait et les personnes s'organisaient de façon spontanée via les réseaux sociaux. Il y avait même de l'hostilité envers les partis politiques et les mouvements organisés. Aujourd'hui ce sont les +professionnels de la rue+ (syndicats) qui manifestent et les +amateurs+ ont disparu", a-t-il également souligné.

Il a rappelé que ce qui avait mis le feu aux poudres avait été la violence policière lors d'une manifestation d'étudiants pour la gratuité des transports à Sao Paulo, un mouvement qui a ensuite catalysé l'insatisfaction générale contre les dépenses pour le Mondial.

"Aujourd'hui, les manifestants anti-Mondial sont très peu nombreux, et ce sont les groupes organisés qui manifestent. Le mot d'ordre +ils (syndicats, mouvements politiques organisés) ne nous représentent pas!+ a disparu", a-t-il dit.

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