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A l'OIT, le pape demande de remédier à la traite et au chômage des jeunes

28/05/2014 07:16 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

Le pape François a qualifié mercredi l'esclavage et la traite des personnes de "crime contre l'humanité", et dénoncé "l'aliénation" que constitue le chômage durable des jeunes, dans un message aux membres de l'Organisation internationale du travail (OIT).

"Il est inacceptable que, dans notre monde, l'esclavage dans le travail soit devenue monnaie courante! Cela ne peut continuer! Le trafic d'êtres humains est un fléau, un crime contre l'ensemble de l'humanité", s'insurge Jorge Bergoglio dans sa lettre au directeur général de l'OIT, Guy Ryder, à l'occasion de l'ouverture à Genève de la 103e session de la conférence de l'OIT.

"Joignons nos efforts et oeuvrons ensemble à éradiquer ce crime qui nous touche tous, des seules familles à l'ensemble de la communauté internationale", ajoute-t-il, renouvelant une dénonciation qui est un leitmotiv de son pontificat.

"Le seul nombre des hommes et des femmes forcés de chercher un travail loin de leur patrie est une préoccupation. En dépit de leurs espoirs d'un meilleur avenir, ils se retrouvent fréquemment confrontés à la méfiance, l'exclusion, pour ne rien dire des tragédies et des désastres", ajoute le pape argentin, faisant allusion aux naufrages en Méditerranée et aux morts dans le désert du Sahara.

"Ayant fait de tels sacrifices, ces hommes et femmes ne réussissent souvent pas à trouver un travail digne et deviennent victimes d'une certaine mondialisation de l'indifférence, leur situation les exposant à de nouveaux dangers, comme le travail forcé et l'esclavage", souligne-t-il, reprenant la formule "mondialisation de l'indifférence" qu'il avait employée en juillet dernier quand il s'était rendu sur l'île italienne de Lampedusa où débarquent les migrants clandestins d'Afrique.

Le pape demande aussi à l'OIT de trouver des solutions à "un chômage qui élargit tragiquement les frontières de la pauvreté". "C'est particulièrement éprouvant pour les jeunes qui peuvent si facilement se démoraliser, perdant le sens de leur valeur, se sentant aliénés dans la société".

Ces drames sont dénoncés constamment depuis des décennies par l'Eglise et ses institutions, mais ce pape leur donne une nouvelle résonance. Très sensibilisé aux situations concrètes, François fait travailler ses experts au Vatican sur ces problématiques.

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