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Syrie: l'OIAC enquête sur le chlore après avoir été la cible d'une attaque

27/05/2014 03:12 EDT | Actualisé 27/07/2014 05:12 EDT

Une équipe de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) s'est rendue mardi dans une ville syrienne pour enquêter sur des allégations d'attaques au chlore, quelques heures après avoir été la cible d'une attaque, selon des rebelles.

Plus tôt dans la journée, les Affaires étrangères syriennes ont accusé les rebelles d'avoir "enlevé" cinq chauffeurs syriens et six membres de l'équipe d'enquête de l'OIAC près du village de Tibet al-Imam dans la province de Hama(centre).

Mais les insurgés ont affirmé que les troupes du régime avaient placé un explosif sous l'un des véhicules du convoi pour tenter d'empêcher l'enquête sur l'utilisation de chlore, qui a finalement eu lieu.

L'OIAC a indiqué que l'équipe était "en sécurité". "Un convoi d'inspecteurs de l'OIAC et de personnel de l'ONU a été attaqué", a indiqué un porte-parole, refusant de préciser si les enquêteurs avaient brièvement été kidnappés ou s'ils avaient échappé à l'attaque.

L'équipe de l'OIAC était arrivée au matin, selon le ministère syrien, à bord de quatre voitures de l'ONU dans le village de Tibet al-Imam. Là, elle a été informée de l'incapacité de l'armée d'assurer sa sécurité après ce village mais l'équipe a décidé de poursuivre son chemin.

Le directeur du bureau des médias rebelles à Hama (centre), Yazan Chahdaou, a réfuté l'idée d'un rapt. "C'est totalement faux. La voiture endommagée par la bombe que les forces du régime ont fait exploser est retournée avec une autre voiture à Tibet al-Imam et les deux autres ont poursuivi leur chemin" jusqu'à Kafr Zita, accompagnées par les rebelles.

Le colonel Mohammad al-Ali, un commandant rebelle local, a confirmé que les enquêteurs de l'OIAC étaient "arrivés à Kafr Zita (province de Hama) en compagnie de forces" rebelles.

Des vidéos amateurs ont montré deux voitures blanches de l'ONU garées dans une ville censée être Kafr Zita, et des rebelles s'entretenant avec un membre de la délégation de l'OIAC.

La semaine dernière, des militants de l'opposition et un médecin ont accusé le régime de Bachar al-Assad d'avoir utilisé du chlore pour attaquer des opposants à Kafr Zita. Et l'organisation Human Rights Watch avait précédemment évoqué des "preuves" d'attaques au chlore menées par le régime sur cette ville en avril.

L'enquête sur l'utilisation de chlore a été annoncée fin avril après que la France et les Etats-Unis ont accusé le régime d'avoir utilisé un produit chimique industriel dans des attaques contre les bastions rebelles.

La Syrie a officiellement intégré la convention sur l'interdiction des armes chimiques en octobre 2013 dans le cadre d'un accord russo-américain sur le démantèlement de son arsenal chimique, après des accusations contre le régime d'avoir utilisé du gaz sarin lors d'une attaque meurtrière près de Damas.

Le régime n'avait pas l'obligation de déclarer le gaz de chlore en tant qu'arme chimique, car il est souvent utilisé par le secteur industriel.

Après l'attaque contre le convoi de l'OIAC, le directeur général de l'organisation, Ahmet Uzumcu, a appelé les parties en conflit à accorder à la mission "des accès sécurisés".

"Nos enquêteurs sont en Syrie pour établir les faits en lien avec les accusations persistantes d'attaques au chlore" et "leur sécurité est notre priorité", a-t-il dit.

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