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Soudan du Sud: l'ONU recentre sa mission sur la protection des civils

27/05/2014 03:40 EDT | Actualisé 27/07/2014 05:12 EDT

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté mardi une résolution qui fait de la protection des civils la tâche prioritaire de sa mission au Soudan du Sud (Minuss).

Les 15 pays membres ont décidé à l'unanimité de prolonger jusqu'au 30 novembre le mandat de la Minuss, avec un effectif autorisé de 12.500 soldats.

La Minuss aura pour autres tâches essentielles de surveiller le respect des droits de l'homme, de faciliter la livraison de l'aide humanitaire et de contrôler l'application des accords de paix conclus par les belligérants mais jamais vraiment respectés.

L'ONU estime que des crimes contre l'humanité ont pu être commis par les belligérants, partisans du président Salva Kiir ou de son ex-vice président Riek Machar, et redoute qu'une famine ne s'installe dans le pays.

Auparavant le mandat de la Minuss faisait une plus large part à la mise sur pied du nouvel Etat indépendant. L'ambassadeur sud-soudanais Francis Mading Deng a déploré ce recentrage, estimant que "ne pas aider à construire un Etat capable de fonctionner pourrait mener à de graves problèmes".

La résolution "souligne que la protection des civils (..) doit être la priorité dans les décisions concernant l'utilisation des capacités et des ressources disponibles de la mission". L'ONU protège quelque 80.000 réfugiés dans ses huit bases dont celles de Juba, Bentiu et Bor.

En décembre dernier, le Conseil avait décidé d'envoyer 5.500 Casques bleus supplémentaires, pris sur d'autres missions de l'ONU en Afrique, pour renforcer la Minuss, faisant passer ainsi ses effectifs militaires autorisés de 7.000 à 12.500 soldats. Selon des responsables de l'ONU, plus de la moitié de ces renforts est arrivée sur place et des contingents népalais et kenyans sont prochainement attendus.

La résolution confirme ce renforcement de la Minuss et précise que parmi ses effectifs figureront "trois bataillons" - soit quelque 2.500 soldats africains, notamment éthiopiens - chargés de protéger les observateurs de l'IGAD (Autorité intergouvernementale pour le développement, une organisation sous-régionale est-africaine).

L'IGAD est censée vérifier le respect d'un accord de cessez-le-feu conclu le 9 mai entre les deux camps mais régulièrement violé.

Le Conseil appelle les deux camps "à appliquer immédiatement et intégralement les accords" de paix signés en janvier puis en mai, sous peine de sanctions.

Le Soudan du Sud est en proie depuis le 15 décembre à des combats qui s'accompagnent de massacres et d'exactions à caractère ethnique contre les civils.

Près d'un million de civils ont été déplacés ou exilés par ces violences.

avz/rap

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