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Libération des écolières: le Nigeria est dans une impasse

27/05/2014 01:32 EDT | Actualisé 27/07/2014 05:12 EDT

ABUJA, Nigeria - Le chef militaire et le président du Nigeria ne s'entendraient pas sur la bonne manière de libérer les 300 écolières kidnappées par les extrémistes islamistes de Boko Haram il y a plus d'un mois, rapportent diverses sources.

L'armée a annoncé lundi savoir exactement où se trouvaient les filles, mais a ajouté du même souffle ne pas vouloir utiliser la force pour intervenir, afin de ne pas mettre leur vie en danger.

De son côté, le président Jonathan Goodluck refuse toujours de procéder à un échange entre les filles et des prisonniers du groupe terroriste.

Selon un militant pour les droits de la personne proche des médiateurs, les négociations, la semaine dernière, pour un échange prisonniers-otages ont échoué en raison du refus du président.

Le ministre britannique pour l'Afrique, Mark Simmonds, a aussi affirmé, il y a deux semaines, que le leader du Nigeria lui avait clairement dit qu'il n'envisagerait même pas cet échange.

Pogu Bitrus, chef de la communauté de Chibok, où les filles ont été enlevées le 15 avril, rapporte de son côté que les autorités ont des opinions divergentes et que le président semble subir de la pression pour négocier.

«S'ils ne peuvent utiliser la force, a expliqué M. Bitrus, on doit en déduire que des négociations doivent avoir lieu. Et si leur commandant en chef, le président, dit qu'il ne négociera pas, alors ils ne sont pas sur la même longueur d'ondes.»

Le gouverneur de l'État de Borno, où est né Boko Haram, a récemment demandé aux autorités fédérales d'accepter l'aide internationale pour assurer un sauvetage sécuritaire des filles.

M. Goodluck a fini par accepter l'aide de certaines nations, après de nombreuses offres. Des avions américains ont ainsi survolé la région depuis, et le Canada, l'Angleterre, la France, Israël et d'autres pays ont envoyé des experts en surveillance et en négociation.

Pendant ce temps, Boko Haram, qui mène une lutte armée pour un État islamiste, continue de semer la terreur au pays. Mardi, au moins 54 personnes ont été tuées lors de deux attaques possiblement perpétrées par le groupe, qui a aussi attaqué un palais régional et incendié les maisons de policiers à la retraite.

Lundi, ce sont neuf personnes qui avaient été tuées par des hommes armés dans l'État de Borno.

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