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Le voilier français Tara part traquer les micro-plastiques en Méditerranée

27/05/2014 12:02 EDT | Actualisé 27/07/2014 05:12 EDT

Le voilier français Tara reprend la mer pour une mission scientifique de plusieurs mois tout autour de la Méditerranée avec l'ambition de mieux évaluer la présence des micro-plastiques et leurs effets sur les écosystèmes marins.

Après le Pacifique en 2011 et l'Arctique en 2013, Tara, actuellement stationnée à Toulon (sud), effectuera d'ici décembre des escales dans une quinzaine de pays bordant la Méditerranée, une mer soumise à une pression démographique considérable et à une pollution grandissante, notamment due au volume de déchets plastiques.

Le bateau mettra notamment le cap sur la Sardaigne, Durrës (Albanie), les Cyclades, Beyrouth, Haïfa, Tel-Aviv, puis de revenir vers La Valette (Malte), Bizerte (Tunisie), Alger, Marseille, Naples, Gênes, Perpignan, Barcelone, Tanger, Faro (Portugal). Le retour dans son port d'attache breton de Lorient (nord-ouest) est prévu le 7 décembre.

"Aujourd'hui, 450 millions de personnes vivent autour de ce bassin, une chiffre qui a doublé en 30 ans", a souligné Romain Troublé, lors d'une conférence de presse mardi à Paris présentant la nouvelle expédition.

Cette mer, qui représente moins d'1% de la surface des océans, est une incroyable réserve de biodiversité (8% des espèces) mais subit une forte pression avec 90% de la pollution qui vient de la terre.

Gaby Gorsky, directeur scientifique de Tara Méditerranée, a expliqué qu'en dépit de l'accumulation grandissante de débris plastiques dans la nature, "nous connaissons trop peu ce qu'il advient de ces plastiques et leur impact sur les écosystèmes".

Le chercheur a détaillé les objectifs du travail de collecte de données à bord de la goélette. "Nous allons évaluer la distribution spatiale des fragments de plastique flottants, allant de 0,3 à 50 mm, puis analyser les différents types de plastique, ainsi que les polluants organiques associés", a-t-il expliqué.

Ensuite, une analyse fine des écosystèmes (bactéries, protozoaires, micro-algues, mollusques, etc.) qui se développent sur les plastiques sera faite.

Enfin, les différents scientifiques embarqués sur Tara s'attacheront à étudier l'interaction des écosystèmes du plancton avec ces fragments de plastique qui envahissent la Grande bleue.

Ces micro-fragments (inférieur à 5 mm) sont le résultat d'un processus de dégradation ou d'érosion sur de longues périodes.

La collecte et l'analyse de données à bord de Tara viennent s'inscrire en complément du travail accompli par l'expédition MED depuis 2009 dans le nord de la Méditerranée, qui a estimé à 250 milliards le nombre de fragments dans cette mer.

Le caractère interdisciplinaire de l'expédition a été mis en avant avec une douzaine de laboratoires de recherche français, italien, allemand ou américains déjà impliqués dans cette expérience, qui a aussi un volet pédagogique en direction des populations rencontrées lors des escales.

"Tara va effectuer plus d'une vingtaine d'escales dans 13 pays, qui seront autant d'occasion de partager ce qui se fait en matière de prévention de la pollution, notamment en mettant en avant des initiatives locales", a indiqué Romain Troublé.

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