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Côte d'Ivoire: frontières fermées, le HCR ne peut plus rapatrier les réfugiés ivoiriens depuis deux mois

27/05/2014 01:43 EDT | Actualisé 27/07/2014 05:12 EDT

Le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) en Côte d'Ivoire est incapable depuis deux mois de rapatrier les réfugiés ivoiriens de la crise de 2010-2011, Abidjan ayant fermé ses frontières, a regretté mardi son responsable.

Les opérations du HCR, qui ont permis de rapatrier 8.700 personnes les trois premiers mois de l'année, sont "suspendues pratiquement depuis fin mars", a déploré Mohamed Askia Touré, le représentant du HCR en Côte d'Ivoire.

L'Etat ivoirien, d'abord désireux de se protéger de l'épidémie de virus Ebola puis d'attaques de groupes armés potentiellement basés au Liberia, empêche leur tenue depuis le 21 mars, a-t-il expliqué à l'AFP.

Les exilés peuvent toutefois rentrer individuellement. Mais ils perdent alors l'allocation du HCR - 75.000 francs CFA (114 euros) par adulte, 50.000 FCFA (76 euros) par enfant -, un important facteur de motivation pour les derniers réfugiés ivoiriens.

Quelque 62.000 personnes, qui avaient fui leur pays durant ou après la crise postélectorale de 2010-2011, qui fit plus de 3.000 morts en cinq mois, vivent encore à l'extérieur de la Côte d'Ivoire, surtout au Liberia (42.000 personnes). Un maximum de 300.000 réfugiés fut recensé après la crise.

Ebola a fait une centaine de morts en Guinée, ainsi qu'une dizaine de victimes au Liberia et en Sierra Leone, alors qu'aucun cas n'a été recensé en Côte d'Ivoire. Treize personnes ont été tuées mi-mai dans l'attaque d'un village ivoirien frontalier avec le Liberia.

Mais toutes les frontières du pays ont été fermées aux opérations de rapatriement, alors que seules celles de l'ouest semblaient concernées, s'est étonné M. Touré.

Pour l'Etat ivoirien, "d'un côté, il y a la rhétorique, on veut que tout le monde revienne, et de l'autre il y a le blocage" de toutes les frontières, a-t-il estimé, pointant des "incohérences".

"S'il y a des alertes Ebola, je peux comprendre qu'on ferme les frontières avec la Guinée et le Liberia, mais pas avec le Ghana", situé à 500 km de la frontière libérienne, a remarqué Mohamed Askia Touré.

La situation est d'autant plus dommageable que 4.000 réfugiés sont en attente de rapatriement au Liberia, "prêtes à partir", a-t-il déclaré.

"Aujourd'hui, il y a chez ces personnes beaucoup de frustration. Elles avaient replié leurs tentes, vendu leurs biens. Elles ont l'impression que le gouvernement ne veut pas d'elles", a estimé M. Touré.

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