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Brésil: les Indiens se joignent aux manifestations anti-Mondial

27/05/2014 02:28 EDT | Actualisé 27/07/2014 05:12 EDT

Quelque 500 chefs indiens brésiliens d'une centaine d'ethnies ont manifesté mardi à Brasilia pour réclamer des politiques pour leurs peuples et critiquer les mesures gouvernementales portant atteinte à leurs territoires, rejoignant les mouvements de grèves et protestations à l'approche du Mondial.

Recouverts des traditionnelles peintures de guerre et armés d'arcs et de flèches, les Indiens ont chanté et prié sur la Place des trois pouvoirs où se trouvent le palais présidentiel, le Parlement et la Cour suprême. Certains des plus âgés agitaient de la fumée "pour éloigner l'esprit du Mal", ont-ils expliqué à l'AFP.

"Avant de faire la Coupe du monde, le Brésil devrait penser à améliorer l'éducation, la santé, le logement. Nous voyons des manifestations de la population: il ne faut pas dépenser autant d'argent pour un événement qui n'apporte pas de bénéfices", a critiqué Neguinho Truká, de l'ethnie Truká du Pernambouc (nord-est), paré d'une coiffe de plumes de perroquet bleu et rouge.

Les indigènes du Brésil - qui représentent aujourd'hui 0,3% de la population - ont multiplié leurs manifestations dans la capitale fédérale sous le gouvernement de la présidente Dilma Rousseff qu'ils accusent de freiner la délimitation de leurs terres au bénéfice des grands agriculteurs.

Dans l'après-midi ils devaient rejoindre une autre manifestation convoquée à Brasilia par les mouvements sociaux opposés au Mondial et une autre des sans-toit.

Les manifestants avaient l'intention de se rendre aux portes du stade Mané Garrincha où doit arriver mardi le trophée de la Coupe du monde (12 juin - 13 juillet), étape d'une tournée dans 27 villes dont les 12 du Mondial.

Il y a un an, le Brésil a été secoué par une fronde sociale historique en pleine Coupe des Confédérations. Les manifestants critiquaient les sommes colossales investies dans la construction des stades et réclamaient l'amélioration des services publics.

Ces manifestations spontanées, convoquées sur les réseaux sociaux, sans bannière politique, ont continué mais se sont radicalisées et ont perdu en intensité. Dernièrement, elles ont été reprises en main par les mouvements organisés, comme les syndicats, partis d'extrême gauche, mouvements des Sans Terre, des Sans Toit et ONG et sont généralement pacifiques.

Une vague de grèves dans plusieurs secteurs (chauffeurs de bus, professeurs, policiers) a surgi. Les grévistes profitent de la visibilité donnée par le Mondial au pays pour réclamer de meilleurs salaires.

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