POLITIQUE

Avortement: le député John McKay critique Justin Trudeau dans un enregistrement (VIDÉO)

27/05/2014 02:42 EDT | Actualisé 27/07/2014 05:12 EDT

TORONTO - Le député libéral John McKay s'est excusé, mardi, pour avoir critiqué, en privé, son chef Justin Trudeau, parce qu'il écartera tout futur candidat opposé au libre-choix en matière d'avortement.

Dans un enregistrement obtenu par le réseau CTV, M. McKay, lui-même opposé à l'avortement, disait croire que Justin Trudeau n'avait pas réfléchi à ce qu'il disait («bozo eruption») en déclarant que des candidats anti-avortement ne pourraient pas se présenter dorénavant sous la bannière libérale.

Le député ontarien se disait surtout «effrayé» à l'idée que l'entourage de M. Trudeau ait pu entériner cette position sans réaliser à quel point il s'agit d'un enjeu «explosif». Il y voyait alors un manque de jugement politique flagrant.

M. McKay a ensuite dit voir une «manoeuvre politique» dans la publication de cet enregistrement — qui aurait été réalisé par un sympathisant conservateur, selon CTV. Le député de Scarborough—Guildwood a admis au réseau avoir fait des «commentaires mal avisés» lors d'un échange qu'il estimait de nature privée, ignorant qu'il était enregistré.

Le Parti libéral du Canada a répondu en affirmant que M. Trudeau respectait M. McKay, mais que parfois, des gens aux opinions fermes sur un enjeu «disent des choses qu'ils en viennent à regretter».

Plus tard mardi, dans un point de presse aux Communes, M. Trudeau a indiqué qu'il comprenait la profondeur des convictions du député McKay, mais que le chef du Parti libéral se devait de prendre la défense des droits individuels et du libre choix des femmes.

M. Trudeau a annoncé plus tôt ce mois-ci que les opposants à l'avortement ne pourraient pas se porter candidats pour le Parti libéral du Canada aux élections de 2015. Les députés libéraux actuels qui sont opposés à l'avortement, tels que M. McKay et Judy Sgro, ne seraient toutefois pas écartés.

M. McKay avait dit à ce moment à La Presse Canadienne qu'il aurait probablement «quelques moments de malaise» face à la position de son chef. «C'est la vie», avait-il conclu.

INOLTRE SU HUFFPOST

Des députés à Ottawa contre l'avortement