POLITIQUE

Armée : une enquête externe indépendante sera menée sur les cas d'agressions sexuelles

27/05/2014 05:03 EDT | Actualisé 27/07/2014 05:12 EDT
CP

OTTAWA - Une enquête externe indépendante se penchera sur les cas d'agressions sexuelles dans l'armée, mais le chef d'état-major de la défense ne s'est pas avancé sur la portée de l'exercice, mardi, à la Chambre des communes.

Le général Tom Lawson a aussi peiné à déterminer exactement l'ampleur du problème, disant simplement croire qu'il était possible qu'un certain nombre de victimes ne se manifestent pas auprès des autorités.

M. Lawson a été questionné de manière insistante, mardi, devant le comité de la défense des Communes, chargé d'étudier le phénomène des agressions sexuelles et du harcèlement au sein des Forces armées canadiennes.

Le chef d'état-major a affirmé qu'il fallait «faire tout ce qui était possible» pour favoriser le signalement des agressions. Un examen interne mené le mois dernier a identifié «certains obstacles» empêchant les victimes alléguées de se manifester, a-t-il mentionné.

M. Lawson a affirmé que l'enquête externe indépendante aurait la latitude d'interroger des membres de l'armée et pourrait faire la lumière sur de nouvelles allégations d'agressions. Il reviendra ultimement au ministre de la Défense de déterminer la portée de l'exercice, a-t-il ajouté.

On ignorait mardi quel type de mandat aurait cette enquête, ou même si elle pourrait prendre la forme d'une enquête judiciaire. M. Lawson a essentiellement soutenu que les victimes devaient se manifester et faire confiance au système.

Mais la confiance semble bien mince — pas seulement dans les rangs militaires, mais aussi à la Chambre des communes, où les députés de tous les partis ont adressé des questions difficiles, mardi, au chef d'état-major et à d'autres intervenants, dont le juge-avocat général des Forces armées canadiennes, Blaise Cathcart.

La grogne a été alimentée par un récent reportage laissant croire que les agressions sexuelles au sein de l'armée sont à un niveau épidémique.

Le reportage, publié par les magazines L'actualité et Maclean's, comportait des entrevues avec plusieurs victimes et examinait des statistiques sur les signalements d'agressions pendant une décennie. L'article indique que la police militaire reçoit jusqu'à 200 plaintes d'agressions sexuelles chaque année, et que bon nombre d'autres cas ne sont pas signalés par des victimes qui craignent d'éventuelles représailles de leurs supérieurs.

M. Lawson a dit trouver ces informations troublantes, et a salué le courage des victimes qui se manifestent. Mais il a dit ne pas croire à une culture de violence et de harcèlement à caractère sexuel, citant une récente enquête interne indiquant un déclin constant au cours de la dernière décennie des cas de harcèlement dans leur ensemble.

Le porte-parole néo-démocrate en matière de défense, Jack Harris, n'était pas rassuré par les propos du chef d'état-major, faisant valoir que la question resurgissait à répétition depuis des reportages similaires à la fin des années 1990.

La députée libérale Judy Sgro s'est montrée encore plus sceptique, soutenant avoir entendu le même type de discours de la part de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) lorsque la question des agressions sexuelles dans la police fédérale avait fait les manchettes il y a deux ans.

«Et, vous savez (...) c'est à un recul que nous avons assisté depuis ce temps», a-t-elle soutenu.