Confession d'une barmaid: 10 choses qu'elles détestent à votre sujet

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BARMAID
Yuri Arcurs via Getty Images

Cet article a été republié avec la permission de BroBible.com.

Je me souviens précisément de ma première sortie dans le pub où je travaille actuellement. Je venais d'être licenciée d'un emploi si détestable que je priais pour que le métro tombe en panne chaque matin. Ce soir-là, la barmaid (qui était une amie de ma famille) m'a payé la traite. J'étais déguisée en ange Victoria Secret car l'Halloween battait son plein. À 22 ans, je n'avais jamais servi une bière pression et encore moins un martini. Lorsqu'on m'a proposé illico de devenir moi-même barmaid, je n'aurais jamais imaginé que ce serait le début d'une aventure très payante et pleine de rebondissements.
Au terme de quatre années de service, me voici au seuil de la retraite. Je vais bientôt mettre mon diplôme en littérature anglaise à profit pour écrire des scénarios de télévision à Los Angeles. Je tire des grandes leçons de vie de l'établissement new-yorkais qui est devenu mon second foyer, et je tiens à profiter de l'espace qui m'est accordé pour transmettre mes propres enseignements. Au nom de mes collègues, c'est à mon tour d'éduquer les masses!

10. Je suis une barmaid, pas une prostituée.
Il est étrange de constater à quel point les hommes en complet veston sont nombreux à confondre ces deux professions. Messieurs, ce n'est pas parce que je vous sers une bière et que j'ai un vagin que vous avez le droit de m'agripper les fesses ou de me dire des grossièretés. Vous êtes à la limite de l'agression sexuelle ! Et d'ailleurs, si vous pensez qu'un tel comportement est une bonne manière de casser la glace, vous devriez aller voir un psy. Je ne suis pas payée pour vous émoustiller, et je ne gagne pas assez d'argent pour faire semblant d'être intéressée par tous les banquiers, courtiers et autres bonzes de la finance qui envahissent mon établissement durant la semaine. Ceux d'entre vous qui ont déjà franchi la ligne rouge devriez songer à votre épouse quelques instants. Je suis tout à fait capable de la contacter sur LinkedIn pour lui expliquer comment je vous ai fait expulser après que vous ayez mis la main sous ma jupe. Bref, traitez-moi avec respect et vous aurez tout le loisir de vous détendre sans que votre réputation ne soit détruite.

9. Les pourboires de moins de 20 % sont une insulte.
Désolé les amis. Je n'essaie pas de jouer à la diva, je tente simplement de vous expliquer une réalité de la vie new-yorkaise. La plupart des employés du secteur de la restauration sont payés à peine 2,13 $ de l'heure. Ce salaire de base est situé bien en-dessous du salaire minimum. Par conséquent, vos pourboires sont la seule manière de gagner ma vie décemment. Personnellement, je donne un service impeccable qui vaut son pesant d'or, alors j'en ai marre des gens de Morgan Stanley, Barclays, UBS ou Bank of America qui se vantent de tirer l'argent par les fenêtres et deviennent tout à coup silencieux lorsqu'ils reçoivent une facture de 173 $. À l'école, j'étais bonne en anglais et pourrie en mathématiques, mais je savais tout de même qu'un pourboire de 20 $ sur une addition de plus de 120 $ est une blague. Comment des gens qui bossent dans la finance à longueur de semaine peuvent-ils être aussi confus? On ne parle pas de solutionner la crise de la dette ou de trouver un remède au cancer, mais bien de laisser un pourboire décent. Si votre cerveau est ramolli par l'alcool, je suis certaine que votre téléphone peut faire office de calculatrice. Votre attitude explique sans doute la crise financière que nous traversons depuis quatre ans. Si vous n'êtes pas capables de calculer 20 % de 173 $, vous ne devriez pas brasser des milliards au nom des épargnants. Si vous êtes radins à ce point, restez donc à la maison. Oh, vous ne travaillez pas gratuitement? Ça tombe bien, moi non plus !

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8. Ne me demandez surtout pas de vous payer un verre.
J'adore récompenser les clients courtois, patients et respectueux en leur offrant une tournée. Par contre, je déteste qu'on me demande d'offrir une tournée ou – pire encore – une AUTRE tournée. Votre présence régulière au bar ne justifie en rien des consommations gratuites. Lorsqu'on me demande « Ça fait 300 $ que je dépense ici, peux-tu m'offrir un verre? », je réponds habituellement « Si tu vas à la pharmacie et achètes pour 100 $ de produits d'hygiène personnelle, demandes-tu une bouteille de shampoing en prime? » Dans le grand livre de la vie, les gens qui se croient justifiés de demander des faveurs sont généralement des idiots. Si c'est votre cas, sachez que vous n'obtiendrez absolument rien. Non mais, pour qui vous prenez-vous?

7. Vous voulez un cocktail « amusant »? Allez voir ailleurs.
Hé les filles, je vais bientôt avoir 27 ans et je consomme de l'alcool depuis 10 ans. Je sais ce que j'aime et ce que je n'aime pas. Lorsque je sors dans un bar, mes quatre valeurs sûres sont les bières Hoegaarden et Bud Light, le vin Chardonnay et le rhum and coke. Si le bar offre des boissons plus complexes, je vais consulter le menu et tenter quelques expériences. Cela dit, si vous croyez que vous êtes dans un épisode de Sex and the City, eh bien non, je ne vous préparerai rien qui soit « amusant ». En général, se saouler est amusant, que l'alcool soit brun, bleu ou blanc. Alors choisissez une boisson qui figure au menu, et arrêtez de croire que je cache un élixir rose bonbon avec des paillettes derrière le comptoir. Si vous le souhaitez, je peux vous servir du jus de canneberges. Ma grand-mère en buvait lorsqu'elle était constipée.

6. Je ne suis pas stupide.
Oui, je travaille dans un bar depuis un certain temps. Mais sachez qu'auparavant, j'avais un boulot de neuf à cinq avec des avantages sociaux, un ordinateur et un patron qui me rendait la vie impossible. Le problème est que je détestais ce travail. Désormais, je porte des leggings et une camisole pour travailler et ça ne me rend pas stupide pour autant. Servir de la bière n'a pas diminué mon quotient intellectuel. Messieurs, vous prétendez être courtiers en valeurs mobilières et je vous vois descendre chaque midi chercher le sandwich de votre patron et ramener sa chemise de la buanderie. Sachez que je suis allée à l'université moi aussi. Quelques uns de mes articles ont été publiés. J'adore les sports (mes salutations aux Maryland Terrapins), j'ai obtenu mon diplôme, j'ai voyagé et je possède une bonne culture générale. Je travaille d'arrache-pied, à la fois dans ce bar et pour percer dans le domaine de la scénarisation. Bref, ce n'est pas parce que je suis barmaid que je manque d'ambition, que j'ai raté ma vie ou que je suis incapable de devenir sous-fifre dans une firme de courtage ou de marketing. Je ne passe pas mes journées assise à un bureau, mais ça ne veut pas dire que je ne change pas le monde à ma manière.

5. Je suis plus importante qu'un stagiaire.
Je vais maintenant vous raconter mon anecdote préférée, que je ne manque jamais de ressortir devant un jeune public. Il y a quelques années, je me suis liée d'amitié avec un client nommé J. Au début, je le détestais car il arrivait toujours à l'heure de la fermeture. Avec le temps, il a corrigé ce vilain défaut et a commencé à donner d'excellents pourboires. Pour ma part, j'ai commencé à lui payer une tournée à l'occasion et à engager la conversation avec ses collègues. Je le fais maintenant passer pour le plus gentil des papas-gâteaux lorsqu'il invite des clients à manger ou à boire.
Un jour, trois stagiaires prétentieux m'ont laissé 3 $ de pourboire sur une addition de 310 $, puis m'ont traité de chienne en quittant l'établissement, croyant que leur classe sociale leur permettait d'agir ainsi et ne se doutant pas que j'allais faire part de cet affront à mon ami. À l'aube de la cinquantaine, J. ne veut surtout pas être associé à une bande de jeunes crétins dans la vingtaine qui font ombrage à la réputation de sa compagnie. Pour me venger, J. a aussitôt contacté les trois stagiaires et leur a ordonné de repasser au bar pour me laisser un pourboire de 30 $ chacun.

Je n'ai pas manqué de leur donner une leçon et de leur faire savoir que je suis plus importante qu'eux aux yeux de leur patron. Des jeunes freluquets diplômés de Georgetown, Duke, Brown, Yale et Cornell, il y en a un million sur Monster.com prêts à prendre leur place à tout moment. Leur rôle de béni-oui-oui qui doit descendre chercher les sandwiches peut être rempli par la première personne prête à sacrifier son âme pour ajouter une ligne à son CV. Mon ami J. a eu besoin d'un an pour gagner ma confiance, obtenir des tournées gratuites, se faire réserver une bonne table et mériter des « J. est super sympa » prononcés stratégiquement devant ses plus importants clients. Je suis la raison pour laquelle il fréquente cet établissement. Et vous, jeunes écervelés? Vous allez être renvoyés. Il vaudrait mieux que vous changiez d'attitude avant d'obtenir votre diplôme.

4. Ne me demandez pas de sourire
Les amis, je dois vous l'avouer franchement : il m'arrive parfois d'avoir des problèmes. J'ai des journées plus difficiles que d'autres et je ne souris pas en permanence. Par contre, je fais toujours l'effort de demeurer attentive et polie – une qualité de base de toute bonne serveuse. Imaginez si l'on exigeait constamment que vous gardiez le sourire lorsque vous êtes au bureau. Ce serait infernal, non? Alors ne l'écrivez pas sur un chèque ou une serviette de table, et ne me le dites surtout pas de vive voix. Pour m'affranchir des clients irritants qui n'ont pas compris la nature humaine, je réponds souvent que mon père a fait une rechute du cancer ou qu'il s'agit du premier anniversaire du décès de ma mère. Ces petits mensonges me rendent la vie beaucoup plus facile. Morale de cette histoire : ne croyez pas tout savoir sur la personne qui vous sert à boire. Si vous ne voulez pas avoir l'air ridicule en apprenant que la barmaid à qui vous avez demandé de sourire vient de perdre un être cher, eh bien fermez-la ! Je ne suis pas animatrice d'un restaurant Chuck E. Cheese. Ne croyez pas que je vais vous accueillir tous les jours en sautillant comme si je venais de gagner des millions à la loterie.

3. À New York, faites comme les New Yorkais.
Les péquenauds qui arrivent de je ne sais quel trou perdu sont un irritant majeur. Ils apparaissent habituellement lors des congés fériés, commandent un verre de vin, un mojito ou une margarita, puis font mine d'être dévastés par l'addition après avoir tout bu. Leur rengaine est prévisible : « Là où j'habite, le verre de vin coûte cinq dollars ». Je fais alors l'impossible pour ne pas leur répondre : « Vous devez adorer le Franzia. » Comme presque tout ce que vous allez trouver à New York – vêtements, repas, chambres d'hôtel, prostituées – les boissons alcoolisées coûtent cher. Beaucoup plus cher qu'à Sheboygan en tout cas. Si vous payez 500 $ par mois pour louer un bungalow de quatre pièces en Arkansas, sachez que je dois débourser 1250 $ pour un minuscule studio. Le coût de la vie à New York est plus élevé, parce que TOUT à New York est plus élevé. Si vous croyez qu'une bière à Manhattan coûte le même prix qu'à la taverne d'un village que même votre GPS ne saurait retrouver, je vous suggère de compléter votre cours ECON101. Au fait, croyez-vous que je suis la personne en charge de déterminer les prix? Je suis une barmaid, pas la propriétaire ni le département des plaintes.

2. Je juge les clients en fonction de ce qu'ils commandent.
Je peux vous identifier par ce que vous buvez. Si vous commandez un Malibu bay breeze au mois de janvier, un bloody mary à 21 heures ou un very dry martini sans vermouth, je sais que vous êtes un idiot. Par convention, « very dry » signifie déjà sans vermouth. Si vous ne savez pas quoi répondre lorsque je vous demande « sec ou sur glace ? », vous devriez plutôt commander une bière. Nous ne sommes plus en 1988 et je ne suis pas Tom Cruise, alors ne faites pas semblant d'être dans le film Cocktail. Pas de daïquiris ni de piña coladas, par pitié. Et comme vous n'êtes pas Samantha dans Sex and the City, il m'est impossible de rendre votre Cosmo plus rose, à moins de vous guérir d'une infection urinaire en abusant du jus de canneberges.

1. Vous avez l'accent londonien !
Ne laissez en aucun cas votre ami britannique régler la note ou donner le pourboire. Je vous en supplie!

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