POLITIQUE

Cinq défis pour Justin Trudeau au Québec et le PLC

23/05/2014 01:01 EDT | Actualisé 23/07/2014 05:12 EDT
CP

Plus de 450 militants libéraux du Québec convergent vers Victoriaville en fin de semaine pour le congrès de l'aile québécoise du Parti libéral du Canada (PLC). Si le moment fort de la rencontre doit être le discours du chef, Justin Trudeau, samedi avant-midi, l'accent sera mis sur la préparation des troupes en vue des élections de 2015. Car il reste beaucoup de travail à abattre pour que les libéraux puissent espérer déloger les députés néo-démocrates de la vague orange de mai 2011.


Un texte d'Emmanuelle Latraverse Twitter Courriel

1- La crédibilité du chef

Il y a son charisme, sa candeur, son contact avec les électeurs, puis il y a les questions sur son jugement, sa capacité à articuler une vision politique complexe. Le moins qu'on puisse dire, c'est que Justin Trudeau en est encore à camper sa crédibilité comme premier ministre en attente.

Le doute persiste dans l'esprit de bien des Québécois, selon des sondages. Par ses prises de position tranchées sur la charte des valeurs, la réforme du Sénat, l'avortement, le chef libéral veut établir des lignes de faille qui permettent de définir clairement son parti dans l'esprit de l'électorat. Mais non seulement ces prises de position comportent leur lot de risque, comme en fait foi la réaction à son imposition de la ligne de parti sur le droit à l'avortement, mais il n'a toujours pas réussi à dissiper les doutes soulevés par ses multiples gaffes.

2- Prendre racine au Québec

Justin Trudeau a beau être né au Québec, son parti traîne encore l'image d'un parti « dirigé de Toronto », comme le lui avait reproché Denis Coderre à l'époque; un parti qui a perdu ses sensibilités québécoises. Malgré tous les efforts pour donner les coudées franches aux organisateurs au Québec, le peu de place fait au français lors du congrès de Montréal il y a quelques mois à peine n'a certainement pas aidé à corriger cette perception.

Le parti s'est donc doté d'un plan d'action pour le Québec justement afin de se redonner une signature québécoise, rebâtir un lien direct entre le parti et son électorat. Mais pour espérer donner du poids à cette stratégie de communication, il faudra que le chef l'articule clairement autour de certaines politiques. Son discours de samedi sera un bon test de cette volonté.

3- L'organisation électorale

C'est le nerf de la guerre, et la tâche demeure immense pour les libéraux au Québec. Déjà, l'organisation avait été grandement affaiblie par le scandale des commandites et les guerres internes des années Chrétien-Martin. La débandade de mai 2011 a en quelque sorte achevé le travail.

C'est donc une longue traversée du désert qu'a entamée la présidente sortante de l'aile québécoise, Alexandra Mendes. Rationaliser les dépenses, élaguer la bureaucratie politique du siège social à Montréal, trouver petit à petit des organisateurs de terrain, et surtout remettre sur pied des associations de circonscription capables de reprendre le flambeau. Déjà, la moitié des exécutifs ont été renouvelés.

Mme Mendes croit que l'organisation est en meilleur état qu'en 2008, mais le parti demeure loin du compte dans de potentielles courses à trois en 2015 contre le NPD et le Bloc québécois ou contre les conservateurs et le NPD, où chaque vote peut faire la différence entre la victoire et la défaite.

4- Les courses à l'investiture

L'organisateur en chef du PLC au Québec, Pablo Rodriguez, se plaît à dire qu'il gère l'affluence. Il dit avoir rencontré quelque 215 candidats potentiels qui songent à prendre le risque d'une course à l'investiture dans l'une des 78 circonscriptions du Québec lors des élections de 2015.

À sa grande surprise, le lot compte un grand nombre de nouveaux venus en politique, de jeunes professionnels charmés par le discours de Justin Trudeau. Un vent de fraîcheur pour les vieux routiers, certes; mais encore faut-il donner les moyens à ces enthousiastes de la politique de se faire une place dans la jungle des investitures. Car la course aux signatures et aux cartes de membres est souvent périlleuse. Et le chef libéral a beau avoir promis des investitures ouvertes, sans manigances, les allégations de favoritisme et la grogne ici et là demeurent bien présentes tant à Montréal que dans certains comtés prisés de la région de Toronto.

5- La base militante

Il fallait être au congrès national de Montréal en février dernier pour saisir à quel point le Parti libéral mise sur une base militante et bénévole forte pour lui conquérir les quelques milliers de votes qui garantissent une victoire dans une course serrée. C'est la stratégie du « flocon » sur laquelle a misé l'équipe de Barack Obama aux États-Unis. Et à ce chapitre, si les libéraux ont bien plus de membres qu'en 2011, ils demeurent bien loin du compte.



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