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USA: défaite du Tea Party dans plusieurs primaires républicaines

21/05/2014 12:01 EDT | Actualisé 20/07/2014 05:12 EDT

Des candidats du Tea Party ont essuyé mardi plusieurs défaites lors d'élections primaires républicaines aux Etats-Unis, au profit de candidats proches de l'establishment du parti et jugés plus capables d'aider à la reconquête du Congrès aux législatives de novembre.

Dans l'Etat du Kentucky (centre-est), théâtre le plus violent de la guerre entre républicains "traditionnels" et nouvelle génération du Tea Party, le sénateur sortant Mitch McConnell, 72 ans, a comme il l'avait prédit "écrasé" son adversaire Matt Bevin, un homme d'affaires affilié au Tea Party, en remportant l'investiture avec environ 60% des suffrages des électeurs républicains, contre 35%.

"Cette dure campagne est derrière nous, l'heure est à l'unité", a déclaré le vainqueur dans un discours visant à panser les plaies de la campagne des primaires, qui fut la plus difficile et la plus chère de ses 30 ans de carrière.

Si Mitch McConnell était réélu en novembre face à la candidate démocrate, Alison Lundergan Grimes, et si les républicains remportaient la majorité au Sénat, Mitch McConnell deviendrait chef de la majorité sénatoriale, en position de bloquer les deux dernières années de Barack Obama à la Maison Blanche.

Cinq autres Etats organisaient des primaires mardi. En Géorgie (sud) et dans l'Idaho (nord-ouest), les candidats qui avaient la faveur des réseaux de la mouvance ultra-conservatrice ont également échoué dans les urnes, selon des résultats partiels.

La prochaine grande journée de primaires est prévue le 3 juin, dans huit Etats.

Les élections dites de mi-mandat, car elles interviennent au milieu du second mandat présidentiel de Barack Obama, auront lieu le 4 novembre. La totalité de la Chambre des représentants, actuellement dominée par les républicains, sera renouvelée pour deux ans, et les pronostiqueurs comptent sur une reconduction de la majorité républicaine.

Le Sénat, actuellement à majorité démocrate, pourrait en revanche basculer, et fait l'objet de la guerre la plus féroce. Le tiers des sièges (36 sur 100) seront renouvelés pour six ans, et au moins quatre démocrates sortants sont très vulnérables.

- Le Tea Party "fixe l'ordre du jour républicain" -

Pour mettre toutes les chances de leurs côtés, les stratèges républicains ont misé tôt sur des candidats expérimentés et peu susceptibles de commettre des gaffes irréparables pendant la campagne. En 2010 et 2012, des candidats affiliés au Tea Party avaient remporté les primaires dans le Delaware et l'Indiana, mais s'étaient effondrés lors de l'élection, bien que d'autres aient réussi au Texas et au Kentucky.

Mais l'effort de casting s'est accompagné d'un rapprochement idéologique entre les deux flancs du parti républicain, qui se sont opposés parfois de façon virulente depuis la vague du Tea Party de 2010.

"Ecoutez, il n'y a pas tellement de différence entre ce que vous appelez le Tea Party et tel républicain moyen", a déclaré mardi John Boehner, le président de la Chambre, qui a lui même critiqué ces derniers mois l'intransigeance de l'aile droite de son groupe parlementaire lors des négociations sur le budget et le relèvement du plafond de la dette.

"Nous sommes contre Obamacare (réforme du système de santé). Nous estimons que les impôts sont trop élevés. Nous pensons que l'Etat a trop de pouvoirs. Je préfèrerais qu'on change de refrain", a-t-il dit à des journalistes.

Tout en prenant acte de la défaite de son candidat dans le Kentucky, le président de Freedomworks, Matt Kibbe, a affirmé qu'à défaut de ses candidats, le Tea Party avait réussi à imposer ses idées.

"Quand l'establishment fait campagne sur notre terrain, il est évident que nous faisons face à un vrai bouleversement culturel", a-t-il déclaré dans un communiqué. "Les conservateurs constitutionnels et les libertaires fixent l'ordre du jour au sein du parti républicain".

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