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Ukraine: 10.000 déplacés, en majorité des Tatars (ONU)

20/05/2014 05:18 EDT | Actualisé 20/07/2014 05:12 EDT

Quelque 10.000 personnes, en majorité des Tatars, ont été déplacées en Ukraine, a averti mardi le Haut-commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme (HCR) qui souligne que les déplacements ont commencé avant le référendum de mars sur la Crimée.

"En Ukraine, le HCR constate une augmentation continue et solide de déplacés qui affecte désormais environ 10.000 personnes. (...) Au moins un tiers des déplacés sont des enfants", a déclaré un porte-parole de l'organisation à Genève, Adrian Edwards. Ce chiffre pourrait toutefois être plus élevé car il ne s'agit que des personnes s'enregistrant auprès des autorités locales.

"La majorité des déplacés sont des Tatars, bien que les autorités locales aient aussi fait part d'une récente augmentation concernant l'enregistrement de personnes d'ethnie ukrainienne, russe et de familles mixtes", a-t-il précisé, relevant que "la situation dans l'est est clairement responsable des déplacements".

Les Tatars, communauté de confession musulmane d'environ 300.000 personnes, ont massivement boycotté le référendum sur le rattachement de leur terre ancestrale à la Russie. Vendredi dernier, l'ONU a dénoncé "le harcèlement" et les "persécutions" visant les Tatars de Crimée, provoquant la colère de Moscou.

La majorité des déplacés se déplacent vers le centre du pays (45%) ou vers l'ouest (26%), selon les données du HCR qui dispose de trois bureaux dans le pays: à Kiev, Kherson (sud) et Lviv (ouest).

Les déplacés disent avoir fui car ils se sentaient menacés ou avaient peur, selon le HCR mais l'ONU ne dispose pas encore d'une "image claire" de l'identité de ceux qui menaçent la population.

Le HCR, en partenariat avec les autorités locales et d'autres agences humanitaires, vient en aide aux personnes les plus affectées. Jusqu'à présent, quelque 2.000 personnes ont pu ainsi recevoir une aide financière en espèces.

"Il y un besoin d'abris, actuellement c'est très clair", a souligné M. Edwards.

Les déplacés sont logés dans des abris fournis par les autorités locales, ou vivent dans des lieux comme les hôtels ou les sanatoriums. D'autres vont chez leurs proches. Mais les capacités d'accueil des communautés d'accueil vont rapidement être "épuisées", a prévenu le HCR.

Les déplacés ont aussi besoin d'avoir accès aux services sociaux, au marché du travail, aux logements et aux moyens de subsistance, et que leurs droits économiques soient respectés, a insisté le porte-parole.

Le HCR ne sait pas encore combien de déplacés il pourrait y avoir d'ici à la fin de l'année, mais les humanitaires se préparent à toute éventualité. Pour l'instant, le HCR constate des "déplacements en augmentation graduelle (...) plutôt qu'une hausse soudaine".

Selon le HCR, le nombre de personnes ayant cherché refuge à l'extérieur de l'Ukraine reste pour l'instant faible.

Dans l'est de l'Ukraine, théâtre de l'insurrection séparatiste prorusse, les violences entre rebelles et militaires ukrainiens ont fait près de 130 morts selon l'ONU entre le 13 avril et le 16 mai.

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