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Soudan: quatre morts dans des combats dans la capitale du Darfour-Nord

20/05/2014 09:01 EDT | Actualisé 20/07/2014 05:12 EDT

Quatre personnes ont été tuées mardi dans des combats entre des milices et des forces gouvernementales à El-Facher, la deuxième grande ville de la région soudanaise du Darfour en proie aux violences, ont indiqué des sources concordantes.

Les quatre victimes -trois combattants et une femme- ont été transférées à l'hôpital de la ville, a ajouté une source médicale.

Le Darfour est le théâtre depuis 2003 d'affrontements entre l'armée alliée à des tribus, et des rebelles qui réclament la fin de la "marginalisation économique" du Darfour et un partage du pouvoir avec le gouvernement de Khartoum. Mais, confronté à de graves problèmes économiques, le gouvernement ne parvient plus à contrôler les tribus.

Les troupes gouvernementales veulent "éliminer une milice" active dans l'un des quartiers d'El-Facher touché par des actes criminels, dont des tirs autour d'un entrepôt de l'ONU, a précisé une source humanitaire.

Les autorité ont apparemment "décidé que cela suffisait, et qu'elles devaient reprendre le contrôle de ce quartier", a-t-elle ajouté, demandant à ne pas être identifiée.

Un résident d'El-Facher, contacté au téléphone par l'AFP, avait fait état dans la matinée de combats violents et de la présence d'hommes en uniforme, sans pouvoir donner plus de précisions. Des coups de feu ininterrompus étaient audibles lors de la conversation téléphonique.

Un autre habitant a précisé que les combats avaient commencé à 04H00 locales (01H00 GMT), dans l'est de la ville. "J'entends des armes lourdes. Je suis dans ma maison, et je n'en sortirai pas pour aller travailler".

Début avril, les habitants de la ville avaient affirmé que des milices y faisaient la loi depuis plusieurs semaines, "tirant sans raison" et terrorisant la population.

Selon eux, parmi elles se trouvaient des membres des Rapid support Forces (RSF), une unité paramilitaire accusée par le chef de la mission conjointe ONU-Union Africaine au Darfour (MINUAD) d'avoir "commis des attaques contre les communautés". Un opposant et ancien Premier ministre les a en outre accusés de viols et de violences contre les civils.

Des responsables des RSF ont rejeté la semaine dernières ces "allégations mensongères", affirmant que l'unité était "en vacance" après une mission au Darfour.

Depuis un an le conflit dans cette région de la taille de la France, qui a fait des centaines de milliers de morts et plus de deux millions de déplacés selon l'ONU, se double d'une hausse de l'activité criminelle et de combats sanglants entre tribus arabes se disputant terre, eau et droits miniers.

Depuis la fin février, près de 300.000 personnes supplémentaires ont été déplacées ou autrement affectées par les violences au Darfour.

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