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Présidentielle en Guinée-Bissau: José Mario Vaz vainqueur avec 61,90% des voix

20/05/2014 11:08 EDT | Actualisé 20/07/2014 05:12 EDT

Le candidat du principal parti de Guinée-Bissau, José Mario Vaz, a remporté le second tour de l'élection présidentielle avec 61,90% des voix, selon des résultats provisoires publiés mardi par la Commission nationale électorale (CNE).

M. Vaz, 57 ans, du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), était en lice dimanche face à Nuno Gomes Nabiam, 51 ans, candidat sans étiquette mais notoirement apprécié des chefs de l'armée, qui a obtenu 38,10% des suffrages.

Le taux de participation a été de 78,21% au second tour dimanche, contre 89,29% au premier tour organisé le 13 avril en même temps que les législatives.

Les deux candidats ont 48 heures pour faire des réclamations à la Cour suprême, qui proclamera les résultats définitifs.

De nombreux militants du PAIGC ont convergé vers le siège de cette formation, situé dans le centre-ville de Bissau, pour manifester leur joie, après l'annonce de la victoire de leur candidat, a rapporté un journaliste de l'AFP.

Les manifestants arboraient des drapeaux et des T-shirts à l'effigie de M. Vaz, sur fond d'un concert de klaxons de véhicules et de casseroles.

Le dispositif militaire a été renforcé sur de nombreuses artères de la ville avec notamment des patrouilles de l'armée et des forces de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

Les missions d'observation de l'élection de dimanche, celles de la Cédéao et de l'Union africaine (UA) notamment, ont généralement estimé que le déroulement du scrutin a été correct.

La Cédéao avait appelé lundi les deux candidats à faire éventuellement "des recours légaux et pacifiques". MM. Vaz et Nabiam s'étaient tous les deux engagés à respecter les résultats sortis des urnes.

Le représentant spécial de l'ONU en Guinée-Bissau, José Ramos-Horta, avait appelé lundi, devant le Conseil de sécurité, la communauté internationale à soutenir financièrement les nouvelles autorités de Guinée-Bissau, un des derniers pays au monde selon l'indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

"La fin de la transition marque une nouvelle étape qui réclame notre engagement constant pour aider les Bissau-Guinéens à traiter les graves problèmes politiques, sociaux et économiques du pays", a-t-il estimé. En particulier, le nouveau gouvernement "aura besoin d'une aide budgétaire d'urgence pour payer les salaires en retard".

Si ce n'est pas le cas, avait averti M. Ramos-Horta, "la restauration de l'ordre constitutionnel risque de s'effondrer très rapidement", ce qui aurait des "conséquences encore plus désastreuses que celles que le pays a connues auparavant".

Les élections présidentielle et législatives sont censées permettre de ramener la stabilité en Guinée-Bissau deux ans après un coup d'Etat militaire qui, le 12 avril 2012, a renversé le régime du PAIGC entre les deux tours d'une présidentielle, interrompue du même coup.

Ce pays, ex-colonie portugaise de 1,6 million d'habitants, est abonné aux coups d'Etat depuis son indépendance en 1974.

Près de 800.000 électeurs étaient appelés à choisir entre M. Vaz, dit "Jomav", ex-ministre des Finances, et M. Nabiam, qui était soutenu par le Parti de la rénovation sociale (PRS, deuxième formation du pays).

L'instabilité politique et la pauvreté en Guinée-Bissau y ont facilité depuis des années l'implantation de trafiquants de drogue, avec la complicité présumée de hauts responsables de l'armée.

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