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Producteurs horticoles: du répit mais une saison difficile en vue

20/05/2014 02:39 EDT | Actualisé 20/07/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Les producteurs horticoles ont peut-être bénéficié d'un répit au cours du congé de la fête des Patriotes, mais cela ne sera vraisemblablement pas suffisant pour leur permettre de combler le retard accumulé en raison du printemps froid.

La directrice adjointe de la Fédération interdisciplinaire de l'horticulture ornementale du Québec (FIHOQ), Nathalie Deschênes, a indiqué mardi que ce long congé avait été une «bonne fin de semaine».

«Ça va être une année difficile, a-t-elle cependant nuancé en entrevue. Si juin est bon, on peut rattraper le retard et faire une année correcte. Ça ne sera jamais une bonne année, ça c'est sûr.»

Si le long congé de la fête des Patriotes donne le coup d'envoi de la saison pour les producteurs horticoles de la grande région de Montréal, celle des producteurs établis ailleurs en province débute un peu plus tard.

Mme Deschênes espère ainsi que la météo sera clémente jusqu'à la fin du mois de juin afin que les entreprises de ce secteur soient en mesure de rattraper une partie du retard accumulé.

Chez les serres Sylvain Cléroux, un retard d'environ 25 pour cent a été observé en ce qui a trait aux ventes, et ce, malgré une réponse positive de la clientèle au cours de la fin de semaine.

«On ne peut pas vendre dans une bonne journée ce que nous n'avons pas livré pendant sept à 10 jours, a expliqué le président de l'entreprise établie à Laval, Sylvain Cléroux. On devrait le reprendre (le retard) s'il fait beau d'ici la mi-juin.»

La directrice adjointe de la FIHOQ a également souligné que les producteurs horticoles ont dû absorber des hausses de coûts sur deux fronts puisque l'hiver a été rigoureux et que le printemps s'est fait attendre.

«Il a fait tellement froid que les coûts de production des vivaces ont été très élevés, a dit Mme Deschênes. De plus, maintenir les fleurs en serre parce qu'on ne peut pas les livrer, c'est d'autres frais.»

Du côté des serres Sylvain Cléroux, la facture de chauffage a gonflé de huit à 10 pour cent — soit environ 100 000 $ —, une dépense que devra absorber l'entreprise, puisque les prix avec certains clients importants sont négociés à l'avance.

M. Cléroux a souligné que le printemps tardif engendrera également des dépenses supplémentaires puisque de nombreuses livraisons ont été retardées.

«Quand nous sortons beaucoup de fleurs en avril, nous payons moins pour les entretenir, a-t-il expliqué. Les mêmes plantes, lorsqu'elles sortent à la fin mai, il y a un mois de plus d'entretien pour les vendre le même prix.»

Les saisons se suivent mais ne se ressemblent pas pour cette industrie, qui avait profité d'un printemps hâtif l'an dernier alors que les conditions météorologiques avaient été défavorables en 2012.

«Il faut faire avec, explique le président de la pépinière Jasmin, Pierre Jasmin. Ça été une année d'exception, plus difficile, mais depuis 10 jours, on se fait payer la traite puisqu'il fait plus beau.»

Le président de l'entreprise montréalaise a observé un retard dans les ventes, mais se dit confiant de voir la saison s'étirer «quelques semaines» de plus.

À l'instar des producteurs horticoles, les détaillants à grande surface, comme Rona (TSX:RON), font également face à quelques défis, même s'ils sont un peu différents.

«Une saison écourtée met beaucoup de pression sur la capacité de livrer de nos fournisseurs, a expliqué son premier vice-président, détail, Luc Rodier. Nous devons nous assurer d'avoir assez de marchandise à chaque jour pour fournir nos clients.»

Sans avoir de données précises, M. Rodier a également remarqué une hausse de l'achalandage dans les quelque 250 points de vente Rona et Réno-Dépôt du Québec, après un début de saison plus lent que prévu.

Selon la FIHOQ, l'industrie de l'horticulture ornementale est composée de quelque 7000 entreprises et 40 000 travailleurs. Le chiffre d'affaires annuel de son secteur commercialisation est d'environ 500 millions $.

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