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«Produits forestiers résolu» poursuit son auditeur en justice

20/05/2014 05:47 EDT | Actualisé 20/05/2014 05:48 EDT
Greenpeace

Le leader canadien de l'exploitation forestière, le groupe Produits forestiers résolu (PFR), accuse l'organisme indépendant chargé de l'application des règles de développement durable d'avoir produit un rapport "biaisé" et le poursuit en justice, selon des documents consultés mardi par l'AFP.

Saisi par le groupe forestier, un tribunal de l'Ontario a ordonné le 7 mai la non-publication d'un audit portant sur les coupes forestières menées par PFR dans le nord de cette province canadienne et réalisé par Rainforest Alliance.

Cette ONG internationale veille au respect des pratiques environnementales et sociales liées à l'attribution du label FSC (Forest Stewardship Council). Créé lors du sommet de Rio de juin 1992 et désormais largement adopté par l'industrie forestière, ce label garantit que le bois étiqueté ainsi est issu du développement durable et éthique.

Dans une poursuite en justice inédite déposée par Produits forestiers résolu, parallèlement à l'ordonnance de non-publication, le géant canadien du bois accuse Rainforest Alliance d'avoir failli à sa mission de "produire des audits non biaisés".

PFR s'oppose ainsi aux conclusions de l'ONG qui comptait demander, via l'audit aujourd'hui interdit de publication, le retrait du label FSC pour des coupes effectuées dans une forêt du nord de l'Ontario, la Caribou Forest.

PFR a perdu au cours des derniers mois trois licences de ce genre, deux au Québec et une en Ontario, notamment en raison du non-respect de traités conclus avec des populations amérindiennes.

Pointant "de nombreuses interprétations biaisées et alarmantes", un porte-parole de PFR, Seth Kursman, a déclaré à la télévision publique CBC que le groupe basé à Montréal "n'avait pas le choix" autre que de saisir la justice.

De fait, Produits forestiers résolu poursuit deux auditeurs de l'ONG américaine et leur réclame au total 400 000 dollars, accusant l'un d'eux d'être "un défenseur de Greenpeace", ce qui selon l'entreprise, constitue un "conflit d'intérêt".

L'association environnementale Greenpeace est elle-même déjà poursuivie pour 7 millions de dollars par PFR qui l'accuse d'avoir nui à son image.

La sylviculture génère 1,9% du PIB canadien, employant quelque 230 000 personnes dans ce pays selon des chiffres de 2011, mais cette industrie a souffert au cours de la dernière décennie du ralentissement de l'immobilier aux États-Unis et de la baisse des tirages de la presse écrite. La société PFR a elle-même été renflouée en 2009 par le Québec.

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