POLITIQUE

Pétrolia : L'industrie pétrolière restera entre les mains d'intérêts majoritaires québécois

20/05/2014 09:25 EDT | Actualisé 21/05/2014 07:12 EDT
Clement Sabourin/AFP/Getty Images
TO GO WITH AFP STORY by Clement SABOURIN, CANADA-QUEBEC-OIL-GAS-ENERGY Denis Duteau, former mayor of Anticosti, inspects a well on August 13, 2013 on Anticosti Island, Canada, where oil exploration operations were conducted in 2010. Duteau was hired as a lobbyist by Petrolia, a Quebec oil company that plans to start pumping shale oil. Between 800 and 1,000 tourists are expected to visit Anticosti in the summer of 2013, but every Fall as many as 4,000 hunters come to the island in the Gulf of St. Lawrence. The size of the French island of Corsica in the Mediterranean, Anticosti has only 216 inhabitants. Quebec's Petrolia gas exploration company announced a partnership with the community to install an hydrocarbons exploration program scheduled to star in 2014. Economist specializing in energy issues, Pierre-Olivier Pineau believes that fracturing gas 'increases opportunities for fugitive gas leaks' that are 'worse for the greenhouse effect because it is methane that escapes without being checked.' AFP PHOTO / Clement SABOURIN (Photo credit should read Clement Sabourin/AFP/Getty Images)

Le vice-président à la direction de Pétrolia, Alexandre Gagnon, pense que l’arrivée de nouveaux partenaires financiers extérieurs donnera «l’élan nécessaire au démarrage de l’industrie pétrolière québécoise». Il assure également que l’industrie restera entre les mains d’intérêts majoritaires de la Belle Province, en plus de confirmer le commencement des travaux en juin sur l’île d’Anticosti.

Alexandre Gagnon était invité à prendre la parole mardi à la tribune des Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ). Devant un peu plus d’une centaine de gens d’affaires, dont l’ex-premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, le vice-président a présenté «les opportunités et défis» à venir pour son entreprise et le gouvernement du Québec dans l’industrie pétrolière.

«Petrolia est une compagnie d’exploration. Nous possédons des intérêts sur un territoire de plus de 16 000 km2 dans l’Est-du-Québec, a-t-il expliqué d’entrée de jeu. Pétrolia a commencé ses activités en 2002 et nous sommes entrés en bourse sur le TSX venture en 2005. Notre capitalisation boursière tourne autour de 50 millions, ce qui est, d’après nous, bien loin de la valeur possible de nos projets.»

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Des associations pour le projet d’Haldimand

Actuellement, dit-il, Pétrolia travaille sur trois principaux sites d’exploitations : Anticosti, Haldimand et Bourque.

Sur le projet d’Haldimand, le vice-président a expliqué que son entreprise s’est associée avec «Québénergie, une filiale privée des frères Bouygues de France, et pour d’autres permis que nous venons d’acquérir dans la région de Ristigouche, toujours en Gaspésie, nous nous sommes associés à Maurel et Prom une compagnie pétrolière française».

«Haldimand est le projet de Pétrolia qui est le plus près de la mise en production. Avant cette éventuelle mise en production, il reste une étape et la foreuse est sur place à cette fin», a-t-il confié, expliquant qu’il attendait toutefois le dépôt «des résultats de l’étude hydrogéologique» commandée par le gouvernement du Québec.

Recherche de financement au projet Bourque

Au niveau du projet Bourque, le vice-président de Pétrolia a expliqué que d’après les analyses des résultats des forages de 2012, il y aurait «plus de mille milliards de pieds cubes de gaz naturel humide initialement en place dans quatre zones prospectives situées dans la même formation géologique». Ces résultats ont été, dit-il, produits par la firme Sproule.

«La prochaine étape pour notre propriété de Bourque consiste à procéder à des tests de production. Pour financer ces travaux, nous évaluons deux options : trouver un partenaire financier ou trouver un client potentiel pour le gaz qui serait produit sur Bourque», a-t-il dit.

Une société en commandite à l’île d’Anticosti

Pour ce qui est des projets entourant l’île d’Anticosti, Alexandre Gagnon a rappelé que selon les analyses effectuées en 2010, il a été établi qu’il pourrait y avoir «33,9 milliards de barils selon les meilleurs estimés du volume total de pétrole initialement en place sur les permis où le nouveau consortium détient un intérêt sur l’île d’Anticosti.»

Ce consortium, dit-il, est composé de Pétrolia, du gouvernement du Québec, de Maurel & Prom (via sa filiale Saint-Aubin) et de Corridor Ressources.

«Ce partenariat prendra la forme d’une société en commandite dans laquelle Pétrolia et Corridor Ressources contribueront par la mise en commun de l’ensemble de leurs permis d’exploration pétrolière respectifs. Ressources Québec et Saint-Aubin se sont, quant à eux, engagés à financer des travaux d’exploration pour une somme ne pouvant atteindre plus de 100 millions de dollars. Les partenaires ont confié à Pétrolia l’opération de cette co-entreprise», dit-il.

Ainsi donc, «Ressources Québec obtient 35 % de participation, Pétrolia 21.7 %, Saint-Aubin 21,7 % et Corridor Ressources 21,7 % », précise-t-il.

Un devoir d’expliquer

Concernant les critiques formulées contre l’industrie pétrolière, Alexandre Gagnon pense que son entreprise va devoir mieux «transmettre aux citoyens québécois » la connaissance technique «afin de leur permettre d’apprivoiser l’industrie des hydrocarbures.»

«Cette prise de connaissance débute cet été sur l’Île d’Anticosti avec le début de nos travaux. Nous aurons le devoir d’expliquer, de rassurer et de communiquer efficacement nos résultats et nos enjeux afin que l’ensemble de la société québécoise se sente concerné par le développement de notre industrie», a-t-il conclu, expliquant que les travaux devraient début dès le mois de juin.

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