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Pakistan: 32 insurgés tués dans des frappes aériennes (armée)

20/05/2014 11:58 EDT | Actualisé 20/07/2014 05:12 EDT

Des frappes aériennes de l'armée pakistanaise ont tué 32 insurgés présumés dans les zones tribales du nord-ouest du pays, près de la frontière afghane, ont annoncé mercredi des responsables.

"Des bastions insurgés ont été visés tôt ce matin dans le Waziristan du Nord par des frappes aériennes de précision", a indiqué un haut responsable sécuritaire à l'AFP.

Cette zone tribale semi-autonome, souvent bombardée par des drones américains au cours de la dernière décennie, est considérée comme un repaire des talibans, pakistanais et afghans, et d'autres groupes liés à Al-Qaïda.

"Des informations font état de 32 terroristes tués dans ces frappes, dont d'importants commandants".

Des sources locales ont évoqué des victimes civiles dans ces bombardements survenus notamment près de Miranshah, principale ville du Waziristan du Nord.

Selon ces responsables, les talibans visés étaient impliqués dans des violences récentes, dont une explosion dans un camp de déplacés à Peshawar, des attentats dans les zones tribales de Mohmand et Bajaur, ainsi que des attaques contre des convois des forces de sécurité dans le Waziristan du Nord.

Les talibans pakistanais du TTP, en lutte depuis 2007 contre le pouvoir à Islamabad, avaient mis fin le mois dernier à un cessez-le-feu de cinq semaines destiné à l'origine à donner un nouveau souffle au processus de paix avec le gouvernement.

S'ils ont repris les armes, les rebelles islamistes n'ont toutefois pas officiellement abandonné ce dialogue qui laisse toutefois les commentateurs et même des insurgés sceptiques.

Au cours des dernières semaines, des affrontements entre deux factions rivales du TTP, celle Khan Said Sajna et celle de Sheher Yar Mehsud, ont fait plus de 90 morts dans les zones tribales et sapé la fragile unité de la rébellion islamiste.

Sajna est considéré comme le dauphin de Wali Ur-Rehman, numéro deux du TTP abattu par un drone, alors que Sheher Yar se revendique de Hakimullah Mehsud, chef taliban lui aussi tué l'an dernier par une frappe américaine.

Des sources rebelles ont confirmé cette semaine à l'AFP que le chef actuel du TTP, le mollah Fazlullah, avait mandaté son bras droit, Sheikh Khalid Haqqani, afin d'arbitrer ce différend qui paralyse pour l'heure le dialogue.

"Ces combats fratricides ont forcé la direction des talibans à reporter jusqu'à nouvel ordre les pourparlers de paix" avec le gouvernement d'Islamabad, a ainsi confié un cadre de la rébellion requérant l'anonymat.

Or les autorités pakistanaises cherchent justement à diviser la rébellion entre factions favorables et opposées au dialogue de paix afin de discuter avec les premières et de combattre les secondes, ainsi affaiblies, notent des observateurs à Islamabad.

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