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ONU: 21 millions de personnes sont contraintes au travail forcé

20/05/2014 01:12 EDT | Actualisé 20/07/2014 05:12 EDT

GENÈVE - Le travail forcé génère des profits illégaux d'environ 150 milliards $ US par année, a indiqué mardi l'agence onusienne du travail au moment de lancer un appel à l'éradication du phénomène.

Le rapport de l'Organisation internationale du Travail (OIT) brosse le portrait le plus complet jamais réalisé par l'agence d'une économie sous-terraine qui dépend du travail involontaire de quelque 21 millions de personnes. Le document ajoute que les deux tiers des profits, soit environ 99 milliards $ US, découlent de l'exploitation sexuelle, y compris la prostitution et la pornographie.

Les femmes sont les victimes les plus fréquentes du travail forcé en ce qui concerne les tâches sexuelles et domestiques, tandis que les hommes et les garçons sont les plus exploités dans l'agriculture, les mines et la construction.

Le directeur général de l'OIT, Guy Ryder, a déclaré que le rapport met en relief la nécessité d'éradiquer dès que possible une pratique fondamentalement mauvaise mais immensément profitable. Il a ajouté que plusieurs gouvernements, employeurs et syndicats doivent faire encore plus pour mettre fin aux pratiques d'emploi abusives, y compris l'esclavage.

Le rapport révèle que les pays les plus développés de la planète, y compris l'Union européenne toute entière, représentaient le tiers des profits illégaux, soit 46,9 milliards $ US, tandis que le reste de la région Asie-Pacifique générait 51,8 milliards $ US. Les totaux étaient plus bas ailleurs.

Le document démontre que les travailleurs exploités génèrent nettement moins d'argent par personne pour leur employeur dans les pays riches. Les profits estimés dans les pays riches sont de 34 800 $ US par travailleur, contre seulement 3900 $ US en Afrique.

À travers le monde, chaque travailleur sexuel génère 21 800 $ US pour son employeur, contre 2500 $ US par travailleur agricole et 2200 $ US par travailleur domestique.

M. Ryder a demandé aux gouvernements de resserrer les filets sociaux qui empêchent les ménages de sombrer dans la pauvreté pour ensuite glisser vers le travail forcé.

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