NOUVELLES

Maroc: Amnesty réclame l'abandon des poursuites contre le journaliste Anouzla

20/05/2014 12:46 EDT | Actualisé 20/07/2014 05:12 EDT

Amnesty international a de nouveau réclamé l'abandon des charges contre le journaliste Ali Anouzla, inculpé pour "terrorisme" et dont une audition prévue mardi a été reportée sine die, selon son comité de soutien.

"Les autorités marocaines doivent arrêter avec la parodie de procès contre Ali Anouzla et abandonner toutes les charges pour 'terrorisme' qui pèsent contre lui", déclare le directeur de l'ONG internationale pour la région Moyen-Orient et Afrique du nord, Philip Luther.

"L'utilisation de la loi antiterroriste comme prétexte pour punir les journalistes pour leurs écrits est une atteinte grave à la liberté d'expression", ajoute-t-il.

M. Anouzla a été arrêté en septembre 2013 pour avoir publié sur la version arabophone de Lakome, qu'il dirige, un lien vers une vidéo d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) appelant au jihad et fustigeant la monarchie marocaine, dans le cadre d'un article consacré à ce document inédit.

Inculpé pour "aide matérielle", "apologie" et "incitation au terrorisme", ce journaliste connu pour ses prises de position critiques envers le régime est sorti de prison après un mois de détention et une campagne de mobilisation au Maroc et à l'étranger.

Il reste toutefois poursuivi et devait à nouveau comparaître le 20 mai. Mais son comité de soutien a annoncé lundi que l'audition avait été reportée.

"Mon avocat a été informé par la secrétaire du juge d'instruction que celui-ci était en voyage et que l'audience était reportée sine die", a confirmé à l'AFP Ali Anouzla.

L'accès à Lakome, qui compte deux versions --arabophone et francophone--, a été bloqué à l'automne après que M. Anouzla eut publié un communiqué depuis sa cellule pour réclamer sa "fermeture provisoire".

Depuis le début de l'année, il a sollicité à plusieurs reprises sa réouverture, sans succès, les autorités marocaines faisant valoir que ce dossier était "entre les mains de la justice".

Dans son texte, Amnesty International fustige également l'emprisonnement d'un autre journaliste, Moustapha Hasnaoui.

Condamné à trois ans de prison pour des délits liés au "terrorisme", Hasnaoui, qui travaille pour le magazine "Assabil" (prosalafiste), a été arrêté en mai 2013. Il a récemment entamé une grève de la faim pour protester contre ses conditions de détention, d'après son comité de soutien.

ob-gk/sw

PLUS:hp