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Les stagiaires sont souvent des jeunes femmes sous-payées, voire pas du tout

20/05/2014 04:56 EDT | Actualisé 20/07/2014 05:12 EDT

OTTAWA - Les conclusions préliminaires d'une étude sur les stages en entreprise offerts au pays indiquent que la majorité des stagiaires sondés sont des jeunes femmes gagnant moins que le salaire minimum — voire «bénévoles» — et travaillant principalement dans les secteurs du divertissement, des médias et du journalisme.

L'étude, qui doit être publiée dans les prochaines semaines par deux chercheurs de l'Université de Victoria et la Canadian Intern Association, vise à déterminer l'ampleur des stages non rémunérés, une pratique de plus en plus contestée au pays et à l'étranger.

Les gouvernements de la Saskatchewan et de l'Ontario se sont récemment attaqués aux stages non rémunérés, tandis que des appels se font entendre en ce sens en Alberta.

Plusieurs États américains implantent des mesures plus strictes contre les stages non rémunérés, alors que les députés au Royaume-Uni ont récemment approuvé à 181 voix contre 19 une motion pour interdire cette pratique.

La motion au Royaume-Uni avait été initiée par un député conservateur qui faisait valoir que les stages non rémunérés présentaient un avantage disproportionné pour les jeunes de milieux aisés et ayant un bon réseau de contacts.

Au Canada, il ne semble pas y avoir de telle volonté dans les rangs conservateurs de bannir les stages non rémunérés.

Andrew Cash, un député fédéral néo-démocrate ayant déposé un projet de loi d'initiative parlementaire sur les stages non rémunérés l'automne dernier, a indiqué qu'il travaillait à un autre projet de loi visant à améliorer les réglementations fédérales pour protéger ceux qui travaillent sans recevoir de salaire.

Certaines évaluations laissent croire qu'il y aurait jusqu'à 300 000 stagiaires non rémunérés au pays — soit 200 000 de plus qu'au Royaume-Uni —, mais des détracteurs affirment qu'il est impossible de déterminer un nombre précis en raison du manque de données fédérales sur le marché du travail.

En fait, les employeurs ne sont pas contraints de rapporter leur recours à des stagiaires non rémunérés aux autorités provinciales et fédérales.

Ce manque de données est à l'origine du projet des étudiants de cycles supérieurs Isabelle Couture et James Attfield.

Selon leur enquête, 83 pour cent des stagiaires ont indiqué qu'ils gagnaient moins que le salaire minimum ou qu'ils n'étaient pas rémunérés du tout.

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