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La crise se poursuit en Libye; les parlementaires se réunissent en secret

20/05/2014 02:26 EDT | Actualisé 20/07/2014 05:12 EDT

TRIPOLI, Libye - Le Parlement libyen, au sein duquel les députés islamistes sont majoritaires, s'est réuni en secret mardi pour discuter de l'approbation d'un nouveau premier ministre controversé, faisant fi des demandes d'un général rebelle qui exige qu'il mette fin à ses activités.

Le vote pourrait venir envenimer encore davantage la pire crise à secouer la Libye depuis la chute et la mort de Mouammar Kadhafi en 2011.

Le général Khalifa Hifter a lancé une campagne armée qui, selon lui, vise à rétablir la stabilité après trois ans de chaos. Il dit aussi vouloir écraser le pouvoir des islamistes, qu'il accuse d'ouvrir la porte à des radicaux.

Les leaders du groupe des Frères musulmans, qui compose une des principales factions au sein du Parlement, ont vertement critiqué les propos du général Hifter, mardi, avant de lui reprocher de s'allier à d'anciens membres du régime Kadhafi. Les Frères musulmans ont appelé à un dialogue pour éviter un conflit dont, disent-ils, personne ne sortirait gagnant.

De puissantes milices affiliées au général Hifter ont pris le parlement d'assaut, dimanche, et déclaré sa suspension. La rencontre de mardi s'est déroulée dans un endroit tenu secret par crainte d'une nouvelle attaque mais certains parlementaires — et surtout ceux provenant de factions non-islamistes — ont dit ne pas y avoir été invités.

Ses détracteurs reprochent au général Hifter de chercher à s'approprier le pouvoir. Ses hommes contrôlent la route qui mène à l'aéroport de Tripoli, au sud de la capitale, tandis que des milices islamistes installées à Misrata, la troisième ville en importance du pays, sont prêtes à se rendre à Tripoli, en réponse à l'appel du président du Parlement.

L'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l'Algérie ont fermé leurs ambassades à Tripoli. Le géant algérien des hydrocarbures Sonatrach a quant à lui ordonné l'évacuation de ses employés en Libye.

Dans une entrevue publiée mardi par le quotidien arabe Asharq Al-Awsat, le général Hifter dit vouloir écraser les Frères musulmans. Il promet qu'il contrôlera «bientôt» la Libye et affirme préparer son opération depuis deux ans. Il nie rechercher le pouvoir mais se dit prêt à servir, si cela est le désir du peuple.

«Si le peuple me demande (d'être président), je n'hésiterai pas un seul instant à répondre à cette demande, a-t-il dit. Nous sommes prêts à faire notre devoir à tout moment.»

Plusieurs bases et unités militaires — dont, à Benghazi, les Forces spéciales et les forces de sécurité centrales — se sont ralliées au général Hifter. De puissantes milices originaires de Zintan, dans l'ouest du pays, se sont aussi rangées derrière lui.

Certaines milices affiliées à Al-Qaïda ont promis de combattre les forces du général Hifter.

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