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Garzón et un ex-procureur de Nuremberg défendent la justice universelle

20/05/2014 10:50 EDT | Actualisé 20/07/2014 05:12 EDT

Le principe de justice universelle est clef pour lutter contre "l'impunité" dans le monde et devrait être élargi et non limité comme l'a fait l'Espagne, ont affirmé mardi à Madrid l'ex-juge Baltasar Garzon et un ex-procureur du tribunal de Nuremberg, Benjamin Ferencz.

La justice universelle "doit être étendue à d'autres sphères juridiques qui vont bien au-delà des crimes de guerre, contre l'Humanité ou des génocides", a affirmé l'ex-juge Garzon à la presse, à l'ouverture du premier Congrès de Juridiction universelle du 21è siècle, organisé par sa fondation.

Mondialement connu pour l'arrestation du dictateur chilien Augusto Pinochet en 1998 à Londres, Baltasar Garzon est devenu le fer de lance du principe de justice universelle qui permet à un juge de poursuivre à l'étranger des personnes soupçonnées de crimes.

L'ex-magistrat, qui a été renvoyé devant la justice pour avoir voulu enquêter sur les crimes du franquisme, a finalement été acquitté dans ce dossier. Mais il a été frappé d'une interdiction d'exercer de 11 ans en février 2012, pour avoir ordonné des écoutes, en violation des droits de la défense, dans une enquête sur un réseau de corruption qui empoisonne la droite espagnole depuis 2009.

"Il y a des moments dans notre société où il est important, que ce soit inscrit dans les lois ou non, de ne pas tolérer les crimes", a renchéri Benjamin Ferencz, qui fut procureur en chef de l'un des procès organisés par les Etats-Unis à Nuremberg contre les hauts responsables nazis après la Seconde Guerre mondiale, imposant le concept de "crime contre l'Humanité".

"Nous ne devrions pas garantir l'impunité ou l'immunité contre les pires crimes", a ajouté l'ex-procureur, âgé de 94 ans, l'unique encore vivant des procureurs du tribunal de Nuremberg, qui a dédié sa vie à la défense de principes comme la justice internationale et la justice universelle.

Une cinquantaine d'experts des Nations unies, de la Cour inter-américaine des droits de l'Homme, du Tribunal européen des droits de l'Homme et de la Cour pénale internationale, ainsi que des magistrats de 15 pays, participent à ce congrès prévu jusqu'à vendredi en présence de l'avocate iranienne et Prix Nobel de la Paix Shirin Ebadi.

Les participants doivent proposer de nouveaux principes pour une juridiction universelle élargie, visant notamment des instructions en cours en Espagne et menacées par la récente réforme du gouvernement conservateur qui a limité le principe de justice universelle.

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