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Des Ukrainiens de l'est du pays expriment leur exaspération face aux prorusses

20/05/2014 10:13 EDT | Actualisé 20/07/2014 05:12 EDT

SLOVIANSK, Ukraine - Les miliciens prorusses qui luttent contre les forces gouvernementales dans l'est de l'Ukraine ont dû affronter la colère du public, mardi, pendant que l'homme le plus riche du pays réclamait de nouveau la fin de la rébellion.

La Russie, de son côté, a annoncé que certains soldats déployés le long de la frontière avec l'Ukraine avaient commencé à plier bagage.

Au lendemain d'un ordre émis par le président Vladimir Poutine, probablement pour apaiser les tensions avec les pays occidentaux, le ministère russe de la Défense a annoncé que ses forces déployées dans les régions de Briansk, Belgorod et Rostov, près de la frontière ukrainienne, se préparaient à rentrer à leur base.

L'OTAN, qui estime que la Russie a déployé quelque 40 000 hommes le long de la frontière, dit surveiller la situation de près, mais n'a pas été en mesure de confirmer le retrait russe mardi. Une porte-parole de l'Alliance, Oana Lungescu, a demandé à Moscou de prouver ses dires.

Dans l'est de l'Ukraine, des séparatistes ont échangé de nouveaux tirs avec les forces gouvernementales mardi près de Sloviansk, une ville qui se trouve au coeur de l'insurrection face au gouvernement de Kiev.

Mais les résidants de la région hésitent de moins en moins à témoigner de leur exaspération. Le leader séparatiste de Sloviansk, Viacheslav Ponomariov, a rencontré quelque 200 résidants en colère qui lui ont demandé de mettre fin aux hostilités. M. Ponomariov, qui était armé en plus d'être accompagné d'un garde du corps lui aussi armé, s'est emporté et a promis, en criant, de compenser tous ceux dont les maisons ont été endommagées.

Pour sa part, l'homme le plus riche d'Ukraine, le métallurgiste Rinat Akhmetov, a profité de la colère populaire pour durcir le ton face aux rebelles, en déclarant que l'insurrection avait dévasté le coeur industriel du pays. Il a affirmé, dans une vidéo, que la rébellion était un combat «contre les citoyens de notre région».

«Est-ce que le pillage des villes et la prise en otages de citoyens pacifiques représente un combat pour le bonheur de notre région? Non, certainement pas!», a lancé M. Akhmetov.

Il a ensuite demandé à tous les ouvriers de la région de manifester pacifiquement, mardi, en faisant retentir leurs sirènes, et de continuer à le faire au cours des prochains jours, «en appui à la paix et contre le sang versé».

Le ministre ukrainien de l'Intérieur, Arsen Avakov, a rapidement salué l'intervention de M. Akhmetov, en déclarant sur Facebook que «le pouvoir et l'énergie du peuple chasseront les terroristes plus efficacement que n'importe quelle opération antiterroriste».

M. Akhmetov a promis de tenir tête aux insurgés qui ont proclamé l'indépendance, la semaine dernière, dans les régions de Donetsk et de Louhansk. «Personne ne nous fera peur, y compris ceux qui se sont donnés le nom de République populaire de Donetsk», a-t-il lancé.

L'un des leaders des rebelles de Donetsk, Denis Pushilin, a répliqué en menaçant de nationaliser les actifs de M. Akhmetov s'il refuse de verser des impôts à la République populaire de Donetsk.

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