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Des images du Caucase dans un sujet sur l'Ukraine: la TV russe plaide l'erreur

20/05/2014 08:41 EDT | Actualisé 20/07/2014 05:12 EDT

Le groupe d'audiovisuel public russe VGTRK a reconnu mardi avoir présenté "par erreur" des images d'une opération armée dans le Caucase russe en 2012 comme celles de l'exécution d'un séparatiste pro-russe par les forces ukrainiennes.

"Chaque jour des civils continuent de périr. La garde nationale a exécuté un homme, pas loin de Slaviansk", une ville pro-russe de la région de Donetsk dans l'Est de l'Ukraine, disait vendredi le commentaire d'un sujet du journal télévisé de la chaîne Rossia, montrant les images d'un cadavre avec un blindé en arrière-plan, et des hommes en armes non identifiés.

"Région de Donetsk, Ukraine", lisait-on à l'écran.

Or, a constaté le journal en ligne slon.ru, ces images avaient été diffusées par la même chaîne le 18 novembre 2012 en illustration d'une opération armée russe en Kabardino-Balkarie, république instable du Caucase russe.

"Il s'agit peut-être d'une erreur informatique", a déclaré Dmitri Kisselev, directeur adjoint de VGTRK et journaliste vedette de la télévision russe.

"C'est bien une erreur, ce n'est surtout pas une manipulation", a assuré le journaliste, inscrit par l'UE sur la liste des personnalités russe interdites de visa, pour ses prises de position violemment anti-occidentales.

Le présentateur du journal télévisé, Ernest Matskiavitchius, a affirmé que la chaîne avait utilisé par erreur des images tirées de l'internet, sur sa page facebook.

"La vidéo d'un 'séparatiste' qui aurait été exécuté est apparue sur internet vendredi (...) et a été utilisée par plusieurs médias dont le nôtre", selon lui. "Mais plus tard il est devenu clair qu'elle datait de 2012 et se rapportait aux événements en Kabardino-Balkarie".

"Nous avons retiré cette vidéo après avoir découvert l'erreur", a dit M. Matskiavitchius, qui est l'un des 300 journalistes récompensés début mai par Vladimir Poutine pour leur "couverture objective des événements en Crimée", la péninsule ukrainienne rattachée à la Russie en mars.

Le service de presse de la chaîne a refusé tout commentaire sur le sujet.

Interrogé par l'AFP, un employé de Rossia qui n'a pas voulu être nommé a estimé qu'il s'agissait d'une "provocation", sans en dire plus.

La télévision publique russe est accusée par Kiev et par des voix critiques en Russie de se livrer à une campagne de propagande contre les autorités pro-occidentales de Kiev.

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