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Trois industriels soumettent un proposition de drone militaire européen

19/05/2014 05:49 EDT | Actualisé 19/07/2014 05:12 EDT

Trois groupes d'aéronautique européens ont annoncé lundi avoir soumis aux gouvernements allemand, français et italien une proposition concrète pour construire ensemble un drone militaire d'ici 2020, dans un marché dominé par les États-Unis et Israël.

Airbus Group, Dassault Aviation et Alenia Aermacchi (groupe Finmeccanica), qui avaient annoncé l'été dernier leur volonté de coopérer pour fabriquer un drone Male (moyenne altitude longue endurance) de nouvelle génération, disent dans un communiqué conjoint être "aujourd'hui d'accord sur les modalités pratiques d'une telle approche commune".

Ils annoncent avoir remis "une proposition de définition plus approfondie d'un système de drone européen" aux ministères français, allemand et italien de la Défense, avec un accord industriel sur le partage des tâches.

"Cette proposition suggère une phase de définition (...) qui prévoit que les trois nations définissent et ajustent leurs expressions de besoin en faveur d'un drone européen en concertation avec leurs forces armées respectives et l'industrie européenne".

Cette phase de définition des besoins durera entre un an et demi et deux ans, a précisé lors d'une conférence de presse à Berlin le patron d'Airbus Defence and Space, Bernhard Gerwert.

Les industriels et les nations européennes ont échoué pendant plus de dix ans à s'entendre sur un projet commun de drone Male. Résultat: la Grande Bretagne, l'Italie et la France ont acquis des drones Reaper de fabrication américaine; la France et l'Allemagne opèrent aussi des drones Male basés sur une plateforme israélienne.

Un sommet européen consacré à la Défense en décembre 2013 a souligné l'urgence du besoin de drones pour les pays européens. Le programme du gouvernement allemand en place depuis décembre 2013 mentionne aussi explicitement la nécessité de se doter de drones européens, a précisé M. Gerwert, qui veut voir dans ces deux facteurs un signal prometteur pour le projet.

Pourtant la plupart des pays européens taillent dans les budgets militaires et aucun n'a prévu de crédits pour développer un drone Male.

M. Gerwert a souligné qu'Airbus n'était pas prêt à investir cette fois-ci de son propre argent pour développer le nouveau produit, comme il l'a fait pour le prototype d'un précédent drone, le Male Talarion, qui n'a finalement pas trouvé preneur. Les gouvernements clients devront avancer les fonds le cas échéant.

Ces drones sont généralement capables de voler pendant 24 heures à 3.000 m d'altitude. L'armée américaine a armé ses Reaper et s'en sert fréquemment pour frapper des objectifs en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen et en Somalie.

A priori, le drone envisagé par les trois acteurs européens serait un drone de surveillance, mais "si les gouvernements se décident pour un drone armé, nous le ferons", a déclaré M. Gerwert.

A Genève, Eric Trappier, PDG de Dassault, a souligné que le partage des tâches comprenait la désignation d'un maître d'oeuvre unique, sans dévoiler lequel.

"Cela se compte en dizaine de millions d'euros et non en centaines de millions par pays pendant deux ans", pour la phase de définition, a-t-il expliqué en marge d'un salon de l'aviation d'affaires. "Pour le développement, si on étale sur une dizaine d'années, c'est largement moins de 100 millions d'euros par pays et par an", a-t-il ajouté.

"Je ne minimise pas les difficultés budgétaires mais cela permet de garder la technologie en Europe", a-t-il insisté. Il a souligné que les industriels s'étant "mis en ordre de bataille", les autorités devaient désormais "prendre leurs responsabilités".

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