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Soudan: "grave" impact de la suspension des activités de la Croix-Rouge (CICR)

19/05/2014 08:58 EDT | Actualisé 19/07/2014 05:12 EDT

La suspension depuis février de l'aide humanitaire apportée par la Croix-Rouge au Soudan a un impact "grave" dans ce pays où les violences s'intensifient dans plusieurs régions, a annoncé le CICR lundi.

Les autorités soudanaises ont suspendu le 1er février les activités du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), arguant que l'organisation basée à Genève avait agi hors de son mandat au Soudan.

Les travailleurs humanitaires font l'objet de nombreuses restrictions dans ce pays où l'ONU évalue à 6,1 millions, soit 17% de la population, le nombre de personnes ayant besoin d'aide humanitaire.

Après "peu de progrès" dans des négociations avec les autorités en vue de la reprise de ses activités, le CICR a fait savoir qu'il n'a pas d'autre choix que de se séparer de 30% de son personnel soudanais, soit 195 personnes sur 650.

En 2013, le CICR a fourni une assistance à quelque 1,5 million de personnes au Soudan.

La suspension de ses activités a "des conséquences graves pour la population soudanaise dans les régions affectées par le conflit armé, qui s'est intensifié au cours des derniers mois et a provoqué des déplacements (de population) massifs au Darfour, dans (l'Etat du) Nil Bleu et au Kordofan-Sud", a indiqué le chef des opérations de l'organisation pour l'Afrique de l'est Eric Marclay.

Dans un communiqué, ce responsable a appelé les autorités soudanaises à lever la suspension, si besoin est "sur une base temporaire pendant la tenue de négociations".

Un haut responsable du parti du Congrès national au pouvoir Rabbie Abdelatti Ebaid a estimé que la situation peut être résolue.

"Je pense que c'est un problème administratif. Notre Croissant-Rouge pense qu'il doit superviser toute l'aide car il s'agit d'une organisation soudanaise", a-t-il expliqué à l'AFP.

Il a assuré que le Croissant-Rouge soudanais faisait "maintenant beaucoup d'efforts pour résoudre ce problème".

Au moment de la décision de suspendre les activités du CICR, la Commission des affaires humanitaires (HAC), un organisme gouvernemental soudanais, a affirmé que l'organisation devait seulement travailler à travers le Croissant-Rouge.

La HAC a décidé la suspension en raison de "plusieurs problèmes techniques" liés aux projets que le CICR comptait mener cette année, et le gouvernement a demandé à revoir l'accord légal vieux de 30 ans qui définit le statut de l'organisation au Soudan.

Le CICR a depuis mené des "négociations constructives" avec les autorités, mais "peu de progrès ont été faits", a indiqué la Croix-Rouge, qui reste prête à mener à terme ces pourparlers.

"Le CICR a toujours travaillé en totale transparence et dans le strict respect de son mandat au Soudan", a-t-elle souligné.

La situation dans de nombreuses régions du Soudan est dramatique pour les populations civiles, comme au Darfour, dans l'est, où la recrudescence des combats a fait quelque 300.000 déplacés depuis février.

L'ONU a annoncé la semaine dernière que les combats s'étaient intensifiés entre soldats et rebelles dans l'Etat du Kordofan-Sud, à la frontière du Soudan et du Soudan du Sud, aggravant la situation humanitaire dans cette région où des centaines de milliers de personnes ont besoin d'aide.

Khartoum restreint l'accès aux provinces du Kordofan-Sud et du Nil Bleu, où des combats opposent des rebelles aux forces gouvernementales depuis juin 2011.

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