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Pfizer joue son va-tout pour faire céder AstraZeneca à ses avances

19/05/2014 01:20 EDT | Actualisé 18/07/2014 05:12 EDT

Le groupe pharmaceutique américain Pfizer tente de faire céder à ses avances son rival britannique AstraZeneca avec une offre d'achat à nouveau relevée dimanche à un montant record d'environ 117 milliards de dollars, et assortie de la menace de jeter l'éponge.

Jamais une transaction aussi grosse n'a été réalisée dans le secteur à l'échelle mondiale.

Pfizer affirme toutefois que sa nouvelle proposition, libellée en numéraire et en actions, est "finale": il "ne fera pas d'offre hostile" et ne mettra son projet en oeuvre "qu'avec la recommandation du conseil d'administration d'AstraZeneca", selon son communiqué.

Or le PDG du groupe américain, Ian Read, semble avoir peu d'espoir: "Nous avons essayé de manière répétée de nous engager dans une procédure constructive avec AstraZeneca pour explorer un rapprochement de nos deux entreprises", indique-t-il dans le communiqué. "Après une conversation avec AstraZeneca plus tôt aujourd'hui, nous ne croyons pas que le conseil d'administration d'AstraZeneca est prêt actuellement à recommander une transaction à un prix raisonnable."

En laissant ainsi entendre qu'il est prêt à retirer son offre, Pfizer tente le tout pour le tout pour faire céder une cible loin de lui être acquise, en pariant sur une réaction des actionnaires du groupe britannique.

Son offre relevée expirera le 26 mai à 17H00, heure de Londres, mais il appelle d'ici là les actionnaires d'AstraZeneca favorables au rapprochement à faire pression sur le conseil d'administration de l'entreprise britannique afin d'ouvrir des négociations et de repousser l'échéance pour décider d'une possible transaction.

- Quatrième tentative -

"Nous croyons que notre proposition est convaincante pour les actionnaires d'AstraZeneca et qu'un rapprochement est dans le meilleur intérêt de toutes les parties", réaffirme le PDG de Pfizer, évoquant "l'opportunité de créer une grande puissance scientifique qui aurait de grands avantages pour les patients et la science au Royaume-Uni et dans le monde".

L'enthousiasme n'est guère partagé. AstraZeneca a rejeté début mai une proposition de rachat à 50 livres sterling par titre, soit 106 milliards de dollars au total, après avoir dit non en janvier à près de 99 milliards de dollars.

Pfizer précise dimanche qu'une offre intermédiaire présentée vendredi, à 53,50 livres par action AstraZeneca, a aussi été rejetée. Sa nouvelle offre, la quatrième, est de 55 livres par titre. AstraZeneca avait clôturé à un peu plus de 48 livres vendredi soir à la Bourse de Londres.

Les actionnaires actuels de Pfizer et AstraZeneca détiendraient au final respectivement environ 74% et 26% du capital du nouvel ensemble.

Pfizer, confronté à l'expiration de son exclusivité sur une série de médicaments vedettes, est un peu au pied du mur.

AstraZeneca, qui a une série de molécules en développement notamment en oncologie, affirme toutefois que les offres de Pfizer le sous-estiment et dénonce une démarche "opportuniste" du groupe américain, qui compte profiter de l'opération pour déménager son domicile fiscal au Royaume-Uni où l'impôt sur les sociétés est moins élevé qu'aux Etats-Unis.

Pfizer doit en outre composer avec des pressions de la classe politique aux Etats-Unis comme en Europe, qui s'inquiète de potentielles suppressions d'emplois. Pfizer comptait 77.000 salariés dans le monde fin 2013.

Ian Read a donné des gages au Royaume-Uni, où il s'engage à maintenir au moins 20% des emplois de recherche-développement de la potentielle entité combinée. Mais il a reconnu la semaine dernière lors d'une audition devant le Parlement britannique qu'il devrait supprimer des postes "quelque part" et réduire le budget global de recherche.

soe/glr

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