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Nigeria: quatre morts dans un attentat-suicide dans le nord du pays

19/05/2014 04:41 EDT | Actualisé 18/07/2014 05:12 EDT

Quatre personnes, dont une enfant, ont été tuées dans un attentat-suicide à Kano, la grande ville du nord du Nigeria, vingt-quatre heures à peine après l'adoption à Paris d'un "plan de guerre" contre le groupe armé islamiste Boko Haram.

L'attentat à la voiture piégée a été perpétré dimanche soir dans le quartier à majorité chrétienne de Sabon Giri. La puissante explosion a été entendue à des kilomètres à la ronde.

"Vers 22H00 (21H00 GMT) nous avons entendu une explosion et nous nous sommes rendus immédiatement sur les lieux (...) Cinq personnes, dont le kamikaze, sont mortes", a déclaré devant des journalistes le commissaire Adelere Shinaba. Les victimes sont "trois hommes et une fille de 12 ans", a-t-il précisé.

L'attentat, qui selon l'armée nigériane, aurait été commis par des membres de Boko Haram, est venu replonger cette ville dans l'effroi après une période de relative accalmie à Kano, souvent attaquée par le groupe islamiste armé.

Le Nigeria et ses voisins avaient adopté samedi à Paris, avec le soutien des Occidentaux, un plan de "guerre" contre Boko Haram, qualifié de "secte terroriste" et de "menace majeure" pour la région.

A Kano, un journaliste de l'AFP a vu les carcasses de cinq voitures carbonisées devant l'un des nombreux bars de Sabon Giri, dont les rues désertes étaient faiblement éclairées à cause de coupures de courant.

L'épave d'une sixième voiture, une Golf Volkswagen utilisée pour l'attentat, était également visible sur place, la carcasse décomposée en trois morceaux, le moteur sur le bord de la route.

Kano est la deuxième ville la plus peuplée du Nigeria et un centre commercial pour l'ensemble de la population du Nord à majorité musulmane.

Le quartier de Sabon Giri a déjà été plusieurs fois attaqué. Le 29 juillet 2013, 12 personnes ont été tuées dans de violentes explosions. Des bars à ciel ouvert semblaient avoir été visés.

- Mobilisation contre Boko Haram -

Le président camerounais Paul Biya avait résumé samedi, lors de la réunion de Paris, la volonté des pays de la région et des Occidentaux, en affirmant : "Nous sommes ici pour déclarer la guerre à Boko Haram".

Le groupe islamiste créé en 2002 a enlevé il y a un mois plus de 200 lycéennes à Chibok, dans le nord-est du Nigeria et les attaques du groupe ont fait des milliers de morts depuis 2009.

Critiqué pour sa gestion de la crise et sa lenteur à réagir, en avril, après l'enlèvement des jeunes filles, le président nigérian Goodluck Jonathan, a assuré samedi à Paris qu'il était "pleinement engagé" pour retrouver les malheureuses lycéennes, alors que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont mobilisé des moyens humains et matériels (notamment des avions et des drones, côté américain) pour collecter du renseignement.

Le plan adopté à Paris prévoit "la coordination du renseignement, l'échange d'informations, le pilotage central des moyens, la surveillance des frontières, une présence militaire autour du lac Tchad et une capacité d'intervention en cas de danger".

Quelques heures à peine après la réunion de Paris, le groupe islamiste attaquait un camp de travailleurs chinois dans l'extrême nord du Cameroun, tuant au moins un militaire camerounais et enlevant 10 travailleurs chinois. Selon une source policière camerounaise, ces hommes ont probablement été "conduits au Nigeria" par des membres de Boko Haram.

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